Pour les personnes qui ne supportent pas l’appareil de PPC, le traitement de référence de l’apnée obstructive du sommeil, un nouveau traitement pourrait rendre leurs nuits plus belles. Ce médicament, pris une fois par nuit, a réduit d’environ 44 % les interruptions respiratoires lors d’un essai clinique de grande ampleur.
Les appareils à pression positive continue (PPC) sont le traitement de référence de l’apnée obstructive du sommeil. Ce dispoositif qui envoie un flux d’air en continu est appliqué sur le visage par un système de harnais et doit être porté toute la nuit, ce qui rend son utilisation difficile pour certains patients. Certains ne parviennent pas à la tolérer durablement, tandis que d’autres refusent tout simplement ce traitement. Résultat, une partie des personnes souffrant d’apnée du sommeil reste aujourd’hui sans traitement ou insuffisamment prise en charge.
C’est justement pour ces patients qu’une nouvelle piste de traitement suscite un intérêt : un comprimé à prendre une fois par nuit, capable de réduire les interruptions respiratoires sans avoir recours à un appareil de PPC.
Un comprimé qui garde les voies respiratoires ouvertes
Ce comprimé associe deux médicaments, l’aroxybutynine et l’atomoxétine. Sa particularité est qu’il vise les muscles de la gorge qui participent au maintien des voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. Chez les personnes souffrant d’apnée obstructive du sommeil, les voies respiratoires peuvent se fermer ou se rétrécir à plusieurs reprises pendant la nuit. Ces épisodes interrompent la respiration et peuvent faire baisser le taux d’oxygène dans le sang. Le nouveau traitement entend réparer ce dysfonctionnement neuromusculaire pour stopper les pauses respiratoires.
Ce traitement expérimental a été étudié pendant six mois par les chercheurs de l’Université de Pittsburgh (Etats-Unis). L’essai SynAIRgy a été mené dans 69 centres aux États-Unis et au Canada. Les 646 participants avaient un âge médian de 58 ans et près de la moitié étaient des femmes. Parmi eux, 35 % souffraient d’une forme légère de la maladie, 42 % d’une forme modérée et 23 % d’une forme sévère. Les résultats montrent une diminution de 44% des pauses respiratoires, mais aussi une meilleure oxygénation pendant le sommeil.
Une alternative possible à la PPC
Pour certains participants, l’évolution a été suffisamment importante pour changer la catégorie de sévérité de leur apnée. Plus de 40 % ont obtenu une amélioration permettant de passer à une forme moins sévère et 18 % ont atteint une maîtrise complète de la maladie, selon les résultats présentés.
Le Pr Patrick Strollo, principal auteur de l’étude, estime que ces résultats » fournissent des preuves encourageantes que le ciblage du dysfonctionnement neuromusculaire peut se traduire par des résultats cliniques significatifs, ce qui correspond à notre compréhension évolutive de la biologie de la maladie ». Ce traitement pourrait notamment « élargir l’éventail des options thérapeutiques efficaces pour les patients qui ne sont pas traités aujourd’hui ».
Toutefois, les résultats de cet essai de phase 3 ont également mis en évidence des effets indésirables. Les plus fréquents étaient la bouche sèche, les nausées, l’insomnie et les difficultés à uriner. Surtout, 21,2 % des participants ayant reçu le comprimé ont arrêté le traitement en raison d’effets indésirables, contre 3,1 % dans le groupe placebo.
Source : Aroxybutynin and atomoxetine (AD109) for obstructive sleep apnea: a randomized phase 3 trial (SynAIRgy), American journal of respiratory care medicine, août 2026