François Demonet, chercheur neurologue, était l’invité d’Itinéraires découvertes pour parler des effets de la lecture et de la musique sur le cerveau.
Le cerveau constitue le centre de contrôle du corps humain dans tous les gestes du quotidien. Chaque partie du cerveau correspond à des actions bien définies. Il reçoit et envoie des messages qui nous permettent de communiquer avec l’extérieur. Le cerveau est un être vivant irrigué, hydraté. La stimulation de différentes régions a une fonction différente. On peut stimuler des zones par rapport à d’autres.
Il existe deux systèmes : le langage oral (spontané) et le langage écrit (graphisme et vision). C’est une étape majeure du langage. Le cerveau n’anime pas les mêmes régions du cerveau en fonction des cultures. Elles sont différentes entre les Anglais et les Italiens, par exemple. Près d’un milliard d’êtres humains ne savent ni lire, ni écrire. La lecture donne une transmissibilité, la possibilité, à travers la lecture, de penser et de réfléchir. C’est la base de la lecture. La lecture est très importante et, malgré la facilité des réseaux sociaux, il faut absolument que les jeunes continuent à lire.
Il y a une analogie entre le langage et la musique. Ce sont 2 systèmes homologues. La parole (audition, voix et mouvements), système naturel, développement spontané. Langage écrit et musique savante écrite (système dépendant de la culture surajoutée en langage oral, l’apprentissage est indispensable).
L’émotion a un rôle majeur. Nous vivons aux sons du monde. Nous sommes vibrations entre tous nos organes. Notre forêt cérébrale vibre en permanence. Le langage oral est codé grâce aux rythmes du cerveau. Il a la capacité de reproduire les sons qu’il a entendus. Les émotions sont évoquées par la musique seule, par la musique dans nos paroles. En fonction des émotions ce sont différentes régions du cerveau qui sont stimulées (sémantique, identité, mémoire à long terme). Le cerveau est un grand résonateur. Les enfants qui apprennent la musique améliorent le langage. Le cerveau des musiciens répond mieux et plus vite.
La musique a un effet bénéfique sur les troubles anxieux, les troubles de mémoire (Alzheimer), le contrôle moteur et cognitif (Parkinson), les troubles du langage (aphasie musculaire). Les espèces animales produisent et perçoivent des séquences sonores élevées pour communiquer qui sont parfois assimilées à de la musique (appel, signalement de danger ou de cible, recherche de partenaires).
« Ces 50 dernières années les progrès concernant l’étude du cerveau ont été fantastiques », déclare François Demonet en conclusion, progrès réalisés grâce aux anesthésies, aux outils plus appropriés, aux connaissances. Un espoir naît pour les malades d’Alzheimer. Une molécule aurait été découverte qui combattrait les dépôts responsables de la maladie. Mais ce ne sont que les balbutiements…