Concrètement, ce sont les entreprises qui devront payer ce « malus », mais le coût pourrait rapidement être répercuté sur les prix de vente.

Désormais, commander sur Shein coûtera plus cher. (Photo by Julie SEBADELHA / AFP) ©AFP or licensorsUn score pour chaque vêtement
Désormais, chaque vêtement se voit attribuer un score prenant notamment en compte le rapport entre son prix et le coût estimé de sa réparation. Ce score détermine le montant de la pénalité appliquée au produit. Le principe est simple, plus un vêtement est difficile ou coûteux à réparer par rapport à son prix d’achat, moins il est considéré comme intéressant à réparer et plus il est susceptible d’être pénalisé. Ainsi, les montants varient selon le type de vêtement et doivent progressivement augmenter jusqu’en 2030.
« La solution pour l’Europe n’est pas d’interdire des plateformes chinoises comme Shein »
Les entreprises concernées devront ainsi payer une pénalité de 50 centimes pour chaque caleçon et paire de chaussettes dont le score est inférieur au seuil établi. Le prix s’élève à 2 euros pour un tee-shirt, 9 euros pour un jean et 12 euros pour une veste. À terme, le malus pourra atteindre 19,50 euros par pièce en 2030, avec toutefois un plafonnement à 50 % du prix hors taxes du produit.
Ce malus sera collecté par l’éco-organisme Refashion, mandaté par l’Etat français pour structurer la filière textile.
« Cette proposition est issue d’une loi parlementaire. (…) La concurrence déloyale des Chinois fait peser un risque très important sur l’emploi français, l’industrie textile française et, évidemment, la planète », a expliqué Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, au micro de RMC.
La fast-fasion pas impactée
Le nouveau malus ne s’applique toutefois pas aux grandes enseignes de la fast fashion telles que H&M, Primark, Zara ou Kiabi.
Pour Charles Fournier, député du groupe écologiste, cité par France 24, cette exclusion serait directement liée au poids des lobbies, alors que le texte initial devait pourtant concerner ces enseignes.
Le cabinet de Mathieu Lefèvre, cité par l’AFP, avance pour sa part une autre explication, le texte aurait été pensé en fonction du nombre de produits mis en vente par les différentes enseignes. Dès lors, l’entreprise Ba&sh commercialise environ 300 produits différents par an, contre 17 400 pour Kiabi et près de 20 000 pour Zara. Shein, de son côté, dépasserait le 1,7 million de produits, selon le cabinet du ministre.
Et en Belgique ?
En Belgique, toutefois, pas l’ombre d’une taxe similaire au niveau national. Pour le ministre de l’économie, David Clarinval (MR), on plaide davantage pour une approche européenne. « Je suis plutôt en faveur d’une approche coordonnée au niveau européen sur l’ultra-fast fashion que pour des initiatives nationales », nous explique le ministre.

Le ministre de l’Economie, David Clarinval (MR). BELGA PHOTO EMILE WINDAL ©Belgaimage
« Face à des plateformes qui opèrent à l’échelle mondiale, une réponse européenne permettrait d’être plus efficace et d’éviter un simple déplacement des flux d’un État membre vers un autre, ce qui ne résout pas le problème de fond », continue-t-il.
Taxe de 3 euros sur les petits colis : « Certains Belges vont essayer d’être plus malins »
Pour rappel, en Belgique, l’entrée en vigueur, le 1er juillet dernier, de la taxe européenne sur les petits colis de 3 euros aurait déjà provoqué un sérieux coup de frein à l’aéroport de Liège.
Vers un durcissement des mesures européennes ?
Hasard du calendrier, les principales fédérations textiles européennes viennent justement de demander ce mardi à la Commission européenne d’introduire une nouvelle surtaxe de 10 euros pour les petits colis en provenance de Chine.
Dans les faits, en novembre, une nouvelle surtaxe dite de « frais de traitement » entrera bien en vigueur au sein de l’UE pour les petits colis chinois. Toutefois, le montant n’avait pas encore été fixé mais pourrait s’élever à deux euros par colis, ce que les fédérations européennes jugent désormais insuffisant.