Quel est le retour de vos affiliés sur les réformes en cours ?

Ils se trouvent face à des dossiers complexes et demandent à être reçus plus longuement. Chaque jour, que ce soit par téléphone, par contact physique, par mail, par l’application, nous avons 10.000 contacts. Nos agences sont bondées et 603 personnes sont en contact direct avec les affiliés au Front Office Solidaris Wallonie (Agences…).

Parmi les thématiques, il y a l’urgence de remettre les personnes malades au travail.

Évidemment, mais les personnes en maladie de longue durée viennent principalement des métiers en pénurie : les secteurs du soin (infirmiers, aides-soignants), de la construction (maçons, électriciens), de la technique et du transport. Ce gouvernement de pyromanes veut parfois se déguiser en pompiers. Il culpabilise les gens qui sont malades tout en prenant des mesures qui poussent à les rendre malades.


Ces mêmes métiers où l’on cherche en permanence des travailleurs ?… Que faire alors ?

Quand un gouvernement se fixe comme objectif d’avoir 100.000 personnes à remettre au travail, il doit parler des conditions dans lesquelles il les « remet » : allongement de la durée de la carrière, flexibilisation à outrance, travail étudiant. Contrairement à ce que dit un président de parti – M. Bouchez – qui a la fâcheuse habitude de raconter n’importe quoi, il n’y a pas plus de malades en Belgique qu’ailleurs (520.000). Il s’agit d’un problème européen.




Comment mieux encadrer le retour au travail ?

D’abord parler de la vérité du terrain. 20 % des personnes reconnues en invalidité poursuivent une activité professionnelle. Ce retour au travail à temps partiel a progressé de plus de 70 % en cinq ans. Toutefois, il ne débouche pas systématiquement sur une reprise complète : un peu plus d’un tiers des participants retrouvent un emploi à temps plein, tandis qu’environ la moitié connaît une rechute vers l’incapacité totale.

Que faire, alors ?

Quand on peut remettre la personne au travail, il faut le faire, mais pas n’importe comment. Il convient de tenir compte d’un triptyque important sur le plan médical : le médecin traitant, le médecin-conseil au niveau des mutualités, et le médecin du travail.

Et chez vous ? Devez-vous aussi remettre des malades longue durée au travail ?

Quand la personne tombe malade, on essaye de l’accompagner du mieux et de recréer l’environnement qui lui permettra de rester à son travail et de ne pas rechuter quinze jours ou trois semaines après. Ce n’est pas toujours évident. Par contre, si, comme employeur, je voyais le retour de 10, 20, 30 malades de longue durée comme d’autres, nous devrions nous organiser. Je ne vous cache pas que ce n’est pas toujours possible.

Le travail est quand même indispensable, non ?

Un travail qui rend heureux, pas qui vous broie. La plupart des personnes qui sont en maladie de longue durée sont des personnes de plus de 50 ans. Allez-vous me citer beaucoup d’entreprises qui vont engager des gens de plus de 50 ans ? Moi, je peux travailler un peu plus longtemps que l’âge de la pension. Mon travail est psychiquement lourd, mais pas physiquement lourd.