MAGAZINE. Il y a un proverbe africain qui dit : «on ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler». Jessica Jutras est une artiste drummondvilloise qui explore justement ces deux valeurs achromatiques pour créer des œuvres à couper le souffle. Parfois, elle glisse des touches de couleurs dans ces dernières «pour faire changement et ajouter un côté ludique».

11 décembre, 10 h. L’Express Magazine s’est rendu à la résidence de la peintre de 34 ans pour la rencontrer.

Alors qu’elle nous a invités à entrer dans sa demeure, nous avons tout de suite été immergés dans son univers artistique. Plusieurs de ses toiles étaient exposées partout sur les murs.

Jessica Jutras nous a ensuite dirigés vers son atelier. À ce moment-là, elle réalisait des portraits de famille en vue de Noël.

S’installant à une table, la jeune artiste a raconté qu’elle a toujours aimé dessiner, et ce, chaque fois qu’elle en avait l’occasion. «Parfois, dans les classes, je dessinais au lieu d’écouter», a-t-elle confié, en riant.

Plusieurs de ses toiles sont affichées sur les murs de sa demeure. (Photo : Ghyslain Bergeron)

Mais c’est au cégep qu’elle a pris goût au style noir et blanc.

«J’ai étudié en arts plastiques au Cégep Drummond. J’ai exploré plusieurs styles avant de m’accrocher à celui-ci. Le noir et blanc fit dans tous les décors», a expliqué l’artiste.

Dans un petit texte fourni au Journal, il est indiqué que Jessica Jutras utilise également ce style pour «sa force graphique et son intemporalité».

«Ma façon de traiter le noir me permet d’accentuer les contrastes, mettant en valeur la richesse des formes et textures, tout en jouant avec les ombres et la lumière pour insuffler de la vie à mes sujets», peut-on lire comme passage.

Miser sur le réalisme

Dans ses œuvres, Jessica Jutras met surtout de l’avant le réalisme.

«J’ai déjà tenté l’abstrait, mais ça ne marche pas pour moi. J’aime quand on peut reconnaître rapidement ce que c’est», a-t-elle précisé.
Parmi ses créations, on y retrouve entre autres beaucoup de voitures anciennes.

«J’ai moi-même deux vieux chars. Dans les expositions de voitures anciennes, je vais prendre beaucoup de photos, et partir de ça pour faire des toiles», a informé la trentenaire.

Sinon, Jessica met en valeur le cinéma, notamment en mettant en évidence des vedettes, comme l’acteur Morgan Freeman ou encore la défunte actrice Marilyn Monroe.

L’atelier de Jessica Jutras se retrouve dans l’une des pièces de sa demeure. (Photo : Ghyslain Bergeron)

L’artiste touche également au rétro puisqu’elle aime cette ambiance, a-t-elle dit.

Sur certaines œuvres, on peut également apercevoir des personnages de l’univers de la populaire émission américaine Les Simpsons, dont Homer et Bart.

Parmi les œuvres qui l’ont le plus marquée, Jessica Jutras cite toutes celles de grand format représentant le Château Frontenac.

«J’ai fait mes études à Québec [en arts visuels à l’Université Laval]. J’habitais à cinq minutes du Vieux-Québec», a-t-elle spécifié.

«Avoir une belle visibilité»

Selon Jessica Jutras, les symposiums permettent aux artistes d’«avoir une belle visibilité».

Au moment d’écrire ses lignes, elle en était à sa cinquième participation dans ce type d’événement.

À cela se sont ajoutées de nombreuses expositions individuelles. Le Pub St-Georges, à Drummondville, est sa place favorite pour montrer ses œuvres.

«C’est la 11e fois que j’expose à cet endroit. C’est une belle ambiance et ça se vend bien! C’est assez varié dans mes expositions au niveau des œuvres que je présente. Le monde trouve ça ben beau», a-t-elle affirmé.

Toutes ses œuvres présentées sont à vendre.

Par ailleurs, l’artiste reçoit également des demandes de clients. Certaines peuvent être refusées si cela ne concorde pas avec son style.

«Si par exemple, je reçois des demandes de toiles de style japonais, je refuse ces commandes comme ce n’est pas mon genre. Ce n’est pas quelque chose qui m’inspire ou m’accroche. Je vais rester sur quelque chose que je vais aimer», a-t-elle expliqué.

«Une vieille auto, tu dois la ranger l’hiver. Il y a des gens qui me demandent de faire une toile de leur voiture pour qu’ils l’aient à la vue», a-t-elle ajouté.

Jessica Jutras ne fait pas de la peinture son métier.

Au moment d’écrire ces lignes, elle occupait deux emplois, soit technicienne en administration au bloc opératoire à Drummond, où elle gère les achats, ainsi qu’assistante-technicienne en pharmacie dans une succursale Jean Coutu.

Travailler avec le bois

À Noël 2024, Jessica Jutras a commencé à travailler avec le bois pour réaliser des œuvrespouvant servir pour la maison.
Depuis, elle en a réalisé plusieurs, comme une table avec une forme de café ou une table en forme de coupe de vin, pour déposer un verre, ou encore un hot-dog (un hot-dog par-dessus un chien saucisse).

La trentenaire a fait savoir que toutes ses œuvres en bois sont également en vente.

Elle a également dit qu’elle en a déjà apporté en symposium.

«Pour ce qui est de mon travail sur bois, je joue souvent avec le trompe-l’œil pour donner vie à des illusions qui font sourire. À travers des pièces utilitaires, je crée des œuvres surprenantes qui amènent une touche de jeu et de plaisir à la vie de tous les jours», peut-on lire dans le petit texte fourni à L’Express Magazine.