Les claviers mécaniques ont beau multiplier les designs, ils finissent souvent par se ressembler. Les formats évoluent, les touches changent, mais il est parfois difficile de vraiment sortir du lot. EPOMAKER a pourtant décidé de tenter quelque chose de différent avec son Glyph. Un clavier qui assume pleinement son inspiration machine à écrire, tout en lui ajoutant quelques éléments très modernes.
Dès le déballage, difficile de passer à côté. Le Glyph est imposant, aussi bien par ses dimensions que par son poids de 1,18 kg. Il ne cherche clairement pas à se faire discret sur un bureau. La construction en plastique ne l’empêche toutefois pas de donner une bonne impression de robustesse. On sent rapidement que l’on n’est pas face à un petit clavier léger que l’on va déplacer sans y penser.
Un vrai look de machine à écrire
C’est évidemment son apparence qui attire immédiatement l’attention. Les touches rondes (style capsule), le levier sur la gauche et les différentes commandes donnent au Glyph un côté rétro assez amusant. Mais EPOMAKER ne s’est pas contenté de reproduire une vieille machine à écrire : le clavier ajoute notamment un éclairage RGB sous les touches et une bande lumineuse à l’arrière.
L’ensemble donne un résultat assez particulier, entre rétro et futuriste. L’éclairage peut être configuré et la bande arrière apporte même un petit effet lumineux sur le mur ou l’environnement situé derrière le clavier.
Seul vrai regret pour le marché belge et francophone : le Glyph est proposé en QWERTY. Ce n’est pas bloquant puisqu’il suffit de configurer son ordinateur en AZERTY pour retrouver son fonctionnement habituel, mais il faut alors apprendre à ne plus se fier aux inscriptions présentes sur certaines touches.
Une frappe qui demande un petit temps d’adaptation
C’est sous les doigts que le Glyph nous a demandé le plus d’adaptation. Habitués au Logitech MX Mechanical Mini, nous avons trouvé les premiers jours les touches un peu plus plastiques, avec une sensation et un son qui nous plaisaient moins.
Mais cette première impression s’est progressivement estompée. Après quelques jours, le clavier devient finalement agréable à utiliser. La course est bonne et la sensation sous le doigt convient parfaitement à la rédaction. Le son possède également une signature bien particulière.
Attention toutefois : malgré son apparence, il ne faut pas s’attendre à retrouver exactement la sensation d’une véritable machine à écrire. Le Glyph reste avant tout un clavier mécanique moderne. Son inspiration rétro se retrouve surtout dans son design.
La disposition de certaines touches demande également un temps d’adaptation. Les touches Delete, Page Up, Page Down, Home et End ne se trouvent pas exactement là où nous les attendions. Le Delete, notamment, est placé dans la colonne plutôt que tout en haut à droite. Rien d’insurmontable, mais cela peut être déroutant lorsqu’on vient d’un autre clavier.
Et nous avons aussi rencontré un problème plus concret : la barre d’espace ne fonctionnait tout simplement pas sur notre exemplaire à la réception. Le switch a donc dû être remplacé. Heureusement, le Glyph est interchangeable et EPOMAKER fournit deux switches supplémentaires ainsi qu’un outil permettant de les remplacer facilement.
Trois façons de le connecter, mais des raccourcis à mémoriser
Le Glyph propose trois modes de connexion : USB-C filaire, récepteur 2,4 GHz et Bluetooth. Ce dernier permet notamment de passer d’un appareil à l’autre. Une polyvalence appréciable si le clavier doit être utilisé avec plusieurs machines.
En revanche, le format particulier du Glyph impose quelques compromis. Pour certaines commandes, notamment celles liées au rétroéclairage ou au changement d’appareil, il faut passer par des combinaisons de touches. Nous aurions préféré disposer de davantage de commandes dédiées. Ce n’est pas compliqué une fois les raccourcis mémorisés, mais ce n’est pas toujours la solution la plus immédiate.
Heureusement, la configuration du clavier est plutôt agréable. Le logiciel d’EPOMAKER (disponible en ligne, vrai point positif) permet notamment de modifier l’éclairage, de réassigner les touches et de créer des raccourcis. La possibilité de personnaliser le clavier directement depuis le navigateur est particulièrement pratique, avec une interface que nous avons trouvée simple et intuitive.
Un écran amusant… mais sous-exploité
C’est probablement l’une des particularités les plus intrigantes du Glyph. Le clavier intègre deux zones d’affichage, dont un petit écran TFT principal. Une bande située sur l’autre partie affiche notamment la date, tandis que l’écran principal peut donner différentes informations sur le clavier.
Le principe est amusant et renforce clairement ce côté rétro-futuriste. Mais nous avons aussi le sentiment qu’EPOMAKER aurait pu aller plus loin. La bande consacrée à la date est notamment très limitée en matière de personnalisation. Elle reste en anglais et ne permet pas de modifier librement sa présentation. L’écran principal offre davantage de possibilités, puisqu’il peut afficher différentes informations mais aussi une image, un GIF ou une animation personnalisée.


C’est fun, clairement. Mais cela reste finalement assez proche du gadget. Une intégration plus poussée aurait pu rendre cet écran beaucoup plus intéressant : afficher davantage d’informations liées à l’utilisation du clavier, par exemple, aurait permis de mieux justifier sa présence. En l’état, on a surtout le choix entre les informations proposées par EPOMAKER ou une image fixe ou animée. Le potentiel est pourtant là.
Un clavier qui aurait pu aller encore plus loin
C’est finalement ce qui résume le mieux notre expérience avec le Glyph. EPOMAKER a eu la bonne idée de proposer quelque chose de différent dans un marché où les claviers mécaniques finissent parfois par beaucoup se ressembler. Le design est réussi, la frappe devient agréable après un temps d’adaptation et les possibilités de connexion et de personnalisation sont nombreuses. Le levier et la couronne rotative ajoutent également ce petit supplément d’originalité qui fait que l’on ne regarde pas le Glyph comme un clavier mécanique classique.


Mais à 139 dollars (le site officiel ne propose que de l’USD) sur le site d’EPOMAKER, les compromis sont plus visibles. Le QWERTY pourra notamment être un frein pour certains utilisateurs belges. La disposition de certaines touches demande de l’habitude, plusieurs commandes passent par des raccourcis et l’écran, malgré son potentiel, semble encore trop peu exploité.
Au final, le Glyph réussit son pari principal : proposer un clavier mécanique qui ne ressemble pas vraiment aux autres. Il aurait simplement gagné à pousser son concept encore un peu plus loin. EPOMAKER tient quelque chose d’intéressant avec ce mélange de machine à écrire et de technologie moderne, mais certaines idées semblent rester à mi-chemin.
Notre note : B*
L’EPOMAKER Glyph est un bon clavier mécanique, mais il s’adresse avant tout à ceux qui cherchent quelque chose de différent. Son design atypique, ses touches rondes, ses écrans et ses commandes inspirées de la machine à écrire lui donnent une vraie personnalité.
Mais cette originalité entraîne aussi des compromis. Certaines commandes sont moins immédiates, la disposition demande un temps d’adaptation et l’écran, aussi amusant soit-il, ne nous semble pas exploité à son plein potentiel. À 139 dollars, cela suffit à l’empêcher d’aller chercher une meilleure note.
* A+ : Exceptionnel, référence du marché / A : Excellent, on recommande + / A- : Très bon, avec quelques défauts qui l’empêchent d’être une référence / B : Bon produit, mais qui conviendra surtout à un public précis. / C : Correct, mais plusieurs compromis. / D : Décevant. / E : À éviter.
Les +
Un design rétro très réussi et originalUne frappe agréable après un temps d’adaptationTrois modes de connexionLe petit écran et le levier apportent une vraie personnalitéLogiciel de personnalisation disponible en ligne
Les –
QWERTY uniquementCertaines touches sont placées de manière déroutanteDes raccourcis à mémoriser pour certaines fonctionsL’écran manque de possibilités de personnalisation et d’interactions