LECTURE – L’écrivain voyageur, qui a arpenté l’Eurasie, a lu le nouveau livre du directeur adjoint du Figaro Magazine, Jean-Christophe Buisson, Complètement à l’Est !. Grâce à cet essai, les lecteurs comprendront qu’il est possible de préférer la steppe à la prairie de l’Ouest, et les bulbes dorés aux buildings en verre, salue-t-il.

Le directeur adjoint du Figaro Magazine publie son bulletin de santé morale, comme on disait en URSS. Pendant la guerre froide « passer à l’Est » signifiait trahir. En 2026, rester à l’Est, c’est demeurer fidèle à une certaine idée de la liberté. Complètement à l’Est rassemble chroniques et reportages d’un Français passé à l’est par hasard, resté là-bas par désir. Pendant trente ans, straïnik Buisson (vagabond, en russe) a écumé l’Eurasie.

Buisson, c’est l’Ulysse de Du Bellay avec une chapka. Au retour du voyage, plus lui plaît la steppe que la prairie de l’ouest, plus les bulbes dorés que les buildings en verre et plus que le Yankee, le Slave au regard fou. Précisons qu’on peut être slavophile sans être poutinophile. On peut être complexe, en somme. On préférera alors Belgrade à Miami.

Premier reportage en Serbie, en 1996. Buisson ne s’est jamais remis physiquement ni spirituellement de cette incursion dans l’angle mort européen. Il est reparti cent fois dans les Balkans, en Russie…

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Le Figaro

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