Et si un simple dîner pourrait vous changer la vie ? En France, le repas de famille est plus qu’une habitude, c’est une véritable institution. Qui n’a jamais passé plus de trois heures à table avec ses proches, à discuter de tout et de rien ? La pratique a même un nom, certes peu utilisé : la commensalité, soit le fait de partager un repas et de manger ensemble à la même table. Mais saviez-vous que le fait de manger avec d’autres personnes pourrait participer à votre qualité de vie et à votre bonheur général ?

L’année dernière, un chapitre du World Happiness Report s’est concentré sur cette idée. Cette publication annuelle est portée par le Wellbeing Research Centre de l’Université d’Oxford, en partenariat avec Gallup (un institut de sondage américain) et le réseaux des Nations Unies pour le développement durable (SDSN). Elle classe notamment les pays selon le bien-être subjectif de leurs habitants, et analyse les facteurs expliquant ces écarts.

L’étude en question, intitulée “Comment partager des repas soutient le soutien et les connexions sociales” a été coréalisée par des chercheurs d’Oxford, de Gallup, d’Harvard et du University College London. Ceux-ci ont basé leurs résultats sur des mesures collectées dans 142 pays.

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“Family Eating at the Dinner Table”, de William Gottlieb.© Steven Gottlieb/Getty Images

Le principe de l’étude

Pour arriver à la conclusion que manger ensemble peut être extrêmement bénéfique, les chercheurs ont utilisé les mesures de Gallup World Poll, une enquête lancée en 2005 mesurant les attitudes, comportements et bien-être des personnes interrogées, représentant 98% de la population adulte mondiale. La partie qui les intéressait était la suivante : combien de déjeuners et dîners les gens ont partagé avec quelqu’un qu’ils connaissent au cours de la semaine précédente ?

Les résultats de l’étude

Les chercheurs ont trouvé que les pays où les personnes partageaient le plus de repas avec des proches étaient les nations d’Amérique latine et des Caraïbes, avec 9 repas partagés par semaine. En bas du classement se trouvaient les pays d’Asie du Sud, avec moins de 4 repas partagés en moyenne. En tête ? Le Sénégal, qui comptait 11,7 repas partagés en moyenne par semaine. D’après les chercheurs, les revenus n’expliquent que très marginalement ces écarts.

Une corrélation directe entre le nombre de repas partagés et l’indicateur de bonheur du pays a été remarquée : les pays où l’on mange le plus ensemble sont aussi les pays où l’ont tend à être le plus heureux. Peu importe l’âge, le sexe, les pays ou la culture, l’étude a pour conclusion que les personnes partageant plus souvent leurs repas avec d’autres rapportent des niveaux significativement plus élevés de satisfaction de vie.