Une voix douce et des yeux d’un bleu qui transpercent, tout comme les paroles de ses freestyles. Un exercice dans lequel Mona Guba excelle, notamment depuis qu’elle déclame ses textes aux côtés de Kyan Khojandi dans son émission « Un bon moment ». Mais Mona Guba, ce n’est pas qu’une bête de textes, c’est aussi une présence qui envoûtera la scène des Jeudis Locos, ce jeudi 3 septembre au pied des remparts de Dinan.

Du kung-fu à la scène

« Je m’appelle Mona Guba. C’est mon nom de scène, et aussi celui qui figure sur ma carte d’identité ». Du haut de ses 26 ans, l’artiste a grandi à Avignon. « Je viens du conservatoire donc j’ai une formation de musique classique à la base », souligne la rappeuse. À peine âgée de 4 ans, la musique la trouve au travers de la flûte traversière, qu’elle pratique au conservatoire. Une rigueur d’apprentissage dont elle se sert, quelques années plus tard, sur les tatamis. Ancienne membre de l’équipe de France de kung-fu wushu, elle remporte la médaille de bronze aux championnats d’Europe en 2020. Elle arrête la compétition à 22 ans, mais sa hargne et sa discipline restent intactes.

« Je fais de la musique depuis toute petite, mais je me suis professionnalisée qu’au début de l’âge adulte, souligne Mona. J’ai commencé dans ma chambre et je me suis dit que ce serait vraiment cool d’en faire mon métier ! Aujourd’hui, j’ai un projet surtout centré autour du texte, que je développe et je travaille. » Autodidacte, elle commence à publier ses freestyles sur les réseaux sociaux. Son écriture acérée et authentique, où se mêlent engagement féministe, critique du sexisme et touches d’autodérision, la propulse vite sur le devant de la scène. « J’ai commencé à poser des vidéos sur internet, à rencontrer des gens, à rencontrer des musiciens à faire des scènes ouvertes », explique l’artiste. Jusqu’à ce qu’en novembre 2025, Kyan Khojandi l’invite à rejoindre son émission « Un bon moment ».

Inspirée par les textes de Diam’s ou Orelsan

Pour la jeune rappeuse, le défi est taille : chaque semaine, elle n’a que 48 heures pour ciseler son texte avant d’entrer en plateau. L’enregistrement se fait sans prompteur ni notes, ses yeux bleus plongés dans ceux des invités. Parfois même, ceux qui l’inspirent dans son art : Diam’s, Orelsan, Bigflo et Oli… « J’écoute vraiment de tout et dans ma musique, j’essaie d’avoir de toutes les influences, que ce soit que ce soit lié au rap ou pas du tout. J’écoute aussi du rock, des choses plus soul, de la pop… En fait, j’ai découvert la musique avant de découvrir le rap, et je pense que ça s’entend. »

Au centre des textes de Mona Guba, un engagement fort sur la place des femmes, la lutte contre le sexisme, le dépassement de soi, le vivre ensemble ou encore les injustices sociales.Au centre des textes de Mona Guba, un engagement fort sur la place des femmes, la lutte contre le sexisme, le dépassement de soi, le vivre ensemble ou encore les injustices sociales. (Le Télégramme/Étienne Oliveau)

Avec toujours au centre de ses textes, un engagement fort sur la place des femmes, la lutte contre le sexisme, le dépassement de soi, le vivre ensemble ou encore les injustices sociales. Mona Guba, ce n’est pas seulement des textes : c’est aussi des images, des souvenirs, un rythme. Le tout enrobé d’une douceur et d’une poésie qui poussent à la réflexion.

« Je mets tout ce que j’aime dans ce concert »

Sur la scène des Jeudis Locos, ce jeudi 3 septembre, Mona Guba viendra distiller ses textes, mais pas que. « J’essaie de mettre un peu tout ce que j’aime et tout ce qui m’influence dans ce concert, précise la chanteuse. J’adore chanter, j’adore la musique acoustique, autant que j’aime les samples, le hip-hop et la musique électronique : je veux faire quelque chose qui me ressemble, et qui est cohérent avec ce que je suis. » Mais pas question pour elle d’en dire plus, elle préfère vous laisser la surprise.

Ce jeudi 3 septembre, Mona Guba sera sur la scène des Jeudis Locos au Square des Dinantais à partir de 19h.Ce jeudi 3 septembre, Mona Guba sera sur la scène des Jeudis Locos au Square des Dinantais à partir de 19h. (Le Télégramme/Alexandre Le Mouël)

Après avoir enveloppé la place des Dinantais dans son univers, ce jeudi, Mona Guba se dirigera vers les scènes de la Fête de l’Huma le 13 septembre et de la Maroquinerie le 16, ou son concert est déjà complet pour sa cinquantième date. Sa tournée continuera dans toute la France, ou elle fera également les premières parties de Just Shani ou encore de Sniper.

Comme un accomplissement, son album « Un bon freestyle » sortira ce 11 septembre, réunissant ses performances marquantes dans l’émission de Canal +. En attendant, la jeune rappeuse le promet : ce jeudi, elle veut apporter de l’émotion à Dinan, « qu’elle soit joyeuse, triste, mélancolique, nostalgique… C’est ça qui est plus important sur scène, c’est de partager, de transmettre aux gens. Je vais me concentrer là-dessus, plus que ne pas faire de fausses notes ».

Pratique

Mona Guba aux Jeudis Locos, square des Dinantais, à partir de 19 h. Accès gratuit.