Tête qui tourne, impression de tomber ou sensation de malaise : derrière le mot « vertiges », les symptômes peuvent être très différents. Une cardiologue américaine explique la question qu’elle pose d’abord à ses patients pour mieux les orienter.
La première réaction de la Dre Dara Lee Lewis, cardiologue au Mass General Brigham (Etats-Unis), lorsqu’un patient lui annonce qu’il souffre de vertiges, est de poser une question en apparence banale : « Que voulez-vous dire par vertiges ? ». Comme elle l’explique au magazine Parade, impossible d’avancer dans le diagnostic sans cette précision, car ce mot recouvre des sensations très différentes.

Décrire finement ce que l’on ressent, puis ce qui déclenche et ce qui soulage, permet déjà de faire un premier tri entre causes cardiaques, atteinte de l’oreille interne ou problème neurologique. Ce petit temps d’interrogatoire, qui peut sembler anodin aide à repérer si vous n’êtes pas tout simplement déshydraté, mais aussi à ne pas passer à côté d’une hypotension sévère ou d’un malaise plus grave.

Décrire exactement la sensation est un début d’examen

« Le terme vertiges peut avoir différentes significations selon les patients, alors je commence par leur demander de décrire précisément ce qu’ils ressentent », explique la cardiologue américaine. Certains parlent de tête qui tourne, comme s’ils allaient s’évanouir ; d’autres décrivent que c’est la pièce qui tourne, d’autres enfin ont une impression de tomber, de marcher sur un bateau.

En cas de vertiges, décrire ce que vous ressentez est déjà un début d’examen. Dire « j’ai l’impression que ça tourne » n’oriente pas pareil que « quand je tourne la tête, tout se met à tourner ». La cardiologue laisse d’abord le patient raconter librement, puis elle demande de préciser la durée des épisodes, leur fréquence et depuis quand tout a commencé. Elle recommande de repérer les déclencheurs (lever brusque, mouvement de tête, bruit, lumière) et les symptômes associés (nausées, vomissements, troubles de l’audition).

Ce qui aggrave, ce qui soulage : un indice majeur

Une fois la sensation mieux cernée, le Dr Dara Lee Lewis enchaîne par : « Qu’est-ce qui aggrave les vertiges, et qu’est-ce qui les soulage ? ». Elle détecte souvent une hypotension orthostatique : vertiges plus marqués debout, qui diminuent une fois allongé. Là, le problème vient d’une baisse de tension en position debout, avec un apport de sang et d’oxygène insuffisant au cerveau. Quand la sensation est plutôt rotatoire, c’est-à-dire pire quand on bouge la tête, la piste de l’oreille interne ou du système vestibulaire est alors explorée.

Les circonstances des vertiges comptent aussi : chaleur, sport, diarrhée, vomissements, diurétiques ou antihypertenseurs peuvent entraîner une forte déshydratation. « La plupart des gens ont des vertiges de temps en temps, et c’est souvent dû à la déshydratation », rappelle la cardiologue. Elle conseille d’abord de s’asseoir, de boire de l’eau, si besoin une boisson électrolytique, et de manger quelque chose, surtout si un repas a été sauté.

Vertiges et cœur : rôle de la tension artérielle et signaux d’alerte

Selon la Dre Lewis, le premier examen après cet interrogatoire reste la mesure de la tension artérielle. Une tension trop basse peut traduire un rythme cardiaque trop lent ou trop rapide, un surdosage de médicaments antihypertenseurs ou une déshydratation importante. Certaines maladies comme le diabète avancé ou la maladie de Parkinson favorisent aussi ces chutes de tension en position debout. Chez les personnes diabétiques, les vertiges peuvent au contraire venir d’une hypoglycémie : quand la glycémie descend sous 70 mg/dL, le cerveau manque de son carburant principal.

Mais attention, des vertiges très intenses avec impression de perte de connaissance, évanouissement, palpitations, rythme cardiaque irrégulier, difficulté soudaine à parler, marcher ou tenir debout, troubles visuels brutaux ou traumatisme crânien récent doivent conduire à une consultation urgente.