En février-mars 2025, les éditions Van In ont ainsi lancé un « baromètre annuel de la mise en œuvre du Pacte d’Excellence » auprès des enseignants de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Son but était d’identifier clairement les craintes des enseignants afin de pouvoir les accompagner au mieux. La même enquête a été menée à nouveau en février-mars 2026, afin d’évaluer l’évolution de ces préoccupations. Explications avec Sabrina Amengual, la responsable de la partie francophone des éditions Van In.

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Quel était le contexte de ce baromètre ?

Quand on travaille avec des enseignants, on a besoin de connaître leurs besoins et la manière dont ils appréhendent le changement. Ici, le changement était très grand parce que le Pacte n’impliquait pas seulement de nouveaux programmes et contenus de matière, mais aussi une autre organisation de l’école, des cours, ainsi qu’une charge de travail différente et une autre manière de suivre individuellement les élèves. Comme la première année différenciée disparaît et que le tronc commun s’implante en secondaire, il y a désormais une beaucoup plus grande hétérogénéité des classes, qui amène les enseignants à diversifier davantage leurs approches pédagogiques.

Pourquoi l’avoir réalisé une deuxième fois ?

La perception que vous pouvez avoir d’un changement quand il est très éloigné dans le temps est différente de celle que vous en aurez lorsque vous serez à la porte de ce changement. D’autant plus qu’entre-temps, les nouveaux programmes sont arrivés et qu’il y a eu des formations données par les pouvoirs organisateurs, ce qui a pu modifier le ressenti des professeurs. Pour nous, il était vraiment important d’identifier où ils avaient besoin de notre aide.

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Quelles grandes tendances ce baromètre a-t-il justement mises en lumière ?

Si l’on regarde les résultats de 2025, la première peur était le manque d’informations (pour 41 % des sondés). Les professeurs ont aussi exprimé une crainte par rapport à la charge de travail et un besoin de support, d’outils. Certains enseignants ne savaient pas quels cours ils allaient donner, tandis que d’autres allaient donner des nouveaux cours, qu’ils n’avaient donc jamais donnés auparavant.

Un an plus tard, en 2026, le niveau d’information s’est bien amélioré (58 % des enseignants se disent suffisamment informés sur les objectifs du Pacte). C’est logique, puisqu’il y a eu des séances d’information des pouvoirs organisateurs, que les programmes sont sortis et que les professeurs ont pu voir les supports qui ont été présentés par les maisons d’édition. Par contre, il existe toujours une crainte par rapport au temps et à la charge de travail. Une partie de ces inquiétudes ne pourra probablement être levée qu’au moment de la mise en œuvre concrète dans les classes. Trois quarts (74 %) des sondés restent également sceptiques ou préoccupés quant à l’impact concret du Pacte d’Excellence sur leur travail.

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Si vous deviez résumer les résultats en un ressenti, lequel serait-ce ?

La peur du manque de temps et de la charge administrative. Par le passé, les professeurs ont déjà traversé d’autres changements de programmes, mais ici la difficulté tient au fait que plusieurs transformations importantes interviennent simultanément : l’organisation de l’école, le contenu, les horaires, … C’est tellement de changements d’un coup que je peux comprendre que ça génère du stress et de la peur auprès de certains enseignants.

Une autre demande mentionnée par les professeurs dans le baromètre était d’avoir des outils qui correspondent aux nouveaux référentiels. Avec les changements de programme, ils vont évidemment se retrouver avec des nouveaux contenus, mais aussi avec une autre une manière de donner cours et de suivre les élèves. Dans le baromètre de 2026, 83 % des enseignants estiment ainsi que leur manière de préparer leurs cours sera affectée, soit 13 % de plus qu’en 2025. On a donc essayé de créer des outils qui correspondent le plus possible à leurs besoins pour les aider face aux hétérogénéités de la classe.

Les enseignants auront des élèves aux niveaux d’apprentissage tellement différents qu’ils vont devoir créer différentes versions de cours ou de séquences de cours d’une même théorie. Même chose pour les exercices et les évaluations. Ils devront ensuite effectuer un suivi personnalisé pour chacun de ces élèves. Et tout ça, pour chacune de leurs classes. Il faut se rendre compte de la multiplicité de travail qu’ils vont avoir. Il est donc important que l’ensemble des acteurs concernés continuent à soutenir les enseignants dans cette transition.