Les troubles anxieux majeurs (TAM) incluent le trouble d’anxiété généralisée, le trouble panique et les phobies. Ils se caractérisent tous par une réponse exagérée en réaction à une situation jugée menaçante. Une vaste étude publiée dans la revue Nature Genetics met en lumière les racines biologiques de l’anxiété.
Des similitudes génétiques entre l’anxiété et d’autres troubles
De nombreux facteurs peuvent augmenter le risque de survenue d’un trouble anxieux. Parmi eux, on peut citer :
des antécédents familiaux de troubles anxieux ;des événements traumatisants ;la présence d’autres problèmes médicaux ou psychiatriques ;la consommation d’alcool ou de drogues.
Des facteurs génétiques pourraient aussi jouer un rôle important dans l’apparition de l’anxiété. Une équipe internationale de chercheurs (américains, canadiens et britanniques) s’est appuyée sur les données génétiques issues de 36 échantillons indépendants portant sur plus de 120 000 personnes ayant reçu un diagnostic de trouble anxieux et sur près de 730 000 personnes n’en présentant pas. Ils disent avoir identifié 58 variants génétiques (modifications de l’ADN qui influencent les traits ou la santé) et 66 gènes susceptibles d’être liés à l’apparition de l’anxiété. L’étude rapporte que 51 des 58 variants génétiques ont été retrouvés dans un autre échantillon indépendant composé de 1 175 012 cas de TAM auto-déclarés et de 1 956 379 témoins. Ce qui prouve la solidité des premiers résultats.
Mais ce n’est pas tout. Les chercheurs ont constaté d’importantes similitudes génétiques entre les troubles anxieux et d’autres troubles comme la dépression, le névrosisme, le syndrome de stress post-traumatique et les idées suicidaires. Cela pourrait expliquer en partie le fait que de nombreuses personnes anxieuses souffrent également de dépression ou d’un syndrome de stress post-traumatique.

Des facteurs génétiques pourraient jouer un rôle dans l’apparition de l’anxiété. © Ta stodio, Adobe Stock
Des gènes impliqués dans la signalisation GABAergique
Des analyses complémentaires ont mis en évidence l’implication de gènes qui interviennent dans la signalisation GABAergique. Ce système régule l’activité cérébrale en inhibant l’activité des neurones excitateurs.
Ces travaux aident à mieux comprendre les racines biologiques de l’anxiété, et des problèmes de santé mentale plus globalement. En effet, de futures recherches pourraient s’intéresser de plus près aux gènes identifiés pour des études fonctionnelles de suivi. « À l’heure où l’anxiété augmente rapidement chez les jeunes, il est crucial d’approfondir notre compréhension des facteurs de vulnérabilité biologique. J’espère qu’à terme, des données comme celles-ci permettront d’identifier les personnes particulièrement vulnérables afin de pouvoir intervenir précocement », a expliqué le Pr Thalia Eley, chercheuse britannique ayant participé à l’étude. À terme, cela pourrait mener au développement de nouveaux traitements ou à l’amélioration de ceux qui existent déjà.

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Cette étude n’est pas la première à s’être intéressée à la neurobiologie de l’anxiété. En juin 2025, une étude publiée dans la revue iScience révélait que l’hyperactivité de l’amygdale (caractéristique chez les personnes anxieuses) était déclenchée par la surexpression du gène Grik4. Ce mécanisme avait été découvert chez des souris affichant un comportement anxieux. Les chercheurs avaient alors développé un traitement visant à réduire l’expression de ce gène dans les cellules de l’amygdale. Ce traitement avait permis de faire disparaître les symptômes anxieux chez les souris.