C’est un plan de licenciements XXL que vient d’annoncer Jack Dorsey, fondateur et ancien dirigeant de Twitter. Sa société, Block, spécialisée dans les transactions financières, va en effet licencier près de la moitié de ses effectifs et passer d’un peu plus de 10 000 salariés à 6000.

Commentant cette décision, le PDG a expliqué : « J’avais deux options : procéder à des réductions d’effectifs progressives sur plusieurs mois ou années, au fur et à mesure de cette évolution, ou faire preuve de transparence et agir dès maintenant ».

Dans une lettre publiée sur le site du groupe, il a précisé les raisons de ces suppressions de poste : « La thèse centrale est simple : les outils d’intelligence artificielle ont changé ce que signifie bâtir et gérer une entreprise. »

Il ajoute : « Nous le voyons déjà en interne. Une équipe plus petite peut faire davantage et mieux » qu’auparavant avec un nombre plus important d’employés « en utilisant les outils que nous mettons en place ».

Et le dirigeant de prophétiser : « Je crois que, dans l’année qui vient, la majorité des sociétés vont parvenir à la même conclusion et effectuer des changements similaires. Je préfère y arriver de façon honnête, en faisant nos propres choix, plutôt que d’être contraint de réagir. »

Quel est l’impact de l’IA sur l’emploi ?

Un peu plus tard sur X, Jack Dorsey a par ailleurs évoqué un autre motif pour justifier ces suppressions d’emplois : « Oui, nous avons embauché trop de personnel pendant la pandémie, car j’ai mal conçu deux structures d’entreprise distinctes (Square et Cash App) au lieu d’une seule, ce que nous avons corrigé mi 2024. »

Cette question de l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi est beaucoup discutée depuis quelques années. Sam Altman, le CEO d’OpenAI, estime, par exemple, que l’intelligence artificielle générative peut aussi servir d’excuse à certaines compagnies qui souhaitent licencier.

Pour approfondir le sujet de l’impact de l’IA sur l’emploi, on peut se replonger dans une étude récente de l’Université de Stanford. Les chercheurs estiment que les déclins d’emploi se concentrent dans les cas où l’IA est utilisée pour automatiser le travail, pas pour l’augmenter. Quand l’IA vient en appui d’un travailleur humain plutôt qu’en remplacement, l’emploi ne recule pas.

En clair, le gros risque ne serait pas le chômage de masse, mais une fracture entre ceux qui auront les moyens de s’adapter (accès à la formation, réseau, capital culturel) et ceux qui ne prendront pas le train déjà en marche. Plus d’informations à ce sujet en relisant notre analyse ici.

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