Dans son bilan climatique de l’été 2026, Météo-France revient sur la saison extrême qu’a vécue la France cette année.Enchaînement de canicules, sécheresse historique, incendies… Le bilan est lourd.Et les relevés hors normes ne sont peut-être pas terminés.
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Il n’a jamais fait aussi chaud en France durant l’été depuis le début des relevés. Météo-France a présenté, jeudi 3 septembre, son bilan climatique pour la saison estivale 2026 (nouvelle fenêtre). Un été qui « restera dans l’histoire », a jugé en préambule la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, confirmant que cet été avait été « le plus chaud jamais enregistré » depuis le début des mesures en 1900.
Durant l’été, la « France est restée sous l’influence des conditions anticycloniques persistantes, empêchant les perturbations de traverser le pays », détaille Météo-France. « Ces conditions, associées à l’influence du changement climatique, expliquent la persistance des fortes chaleurs, l’absence de pluie, l’ensoleillement exceptionnel et la sécheresse des sols ».
Une anomalie de +3,6°C
Avec une température moyenne sur 24h de 24°C, l’été 2026 a enregistré une anomalie de +3,6°C par rapport à la moyenne 1991-2020. C’est bien plus que les étés 2003 (2,7°C) et 2022 (2,3°C), considérés comme les plus chauds jusqu’alors. Les mois de juin et de juillet, avec une anomalie de +3,8°C sont les plus chauds jamais enregistrés, alors qu’août (+3,6°C) arrive à la deuxième place derrière août 2003.
Une situation qui aurait été « quasiment impossible » sans le changement climatique d’origine humaine, pointe Météo-France.
L’été 2026 devient l’été le plus chaud depuis 1900 devant les étés 2003 et 2022 – Météo-France
Les chiffres montrent l’ampleur du phénomène : 90% du territoire a connu au moins une fois une température égale ou supérieure à 35°C. Concernant la barre des 40°C, considérée comme exceptionnelle en France, 45% du territoire a égalé ou dépassé cette marque au moins une fois en juin, juillet ou août.
« Sur le réseau principal de Météo-France, le seuil de 40°C, température extrême dans le climat actuel de la France hexagonale, a été franchi 178 fois, ce qui constitue un record, devant 2003 et 2019 », détaille le prévisionniste.
Nom de franchissement du seuil des 40°C en France de 1951 à 2026 – Météo-France
Autre record de cet été 2026 : 53 jours de vagues de chaleur ont été enregistrés lors des trois épisodes qui se sont succédé, du jamais vu depuis le début des relevés. La saison a ainsi connu à la fois sa vague de chaleur la plus intense, du 17 au 30 juin, et la plus longue (à égalité avec 1983) du 28 juillet au 19 août.
Août : mois le plus sec de tous les temps
Outre la chaleur, la France a été frappée, pendant cet été, d’une sécheresse historique. « Août est la période la plus sèche de tous les temps en France », a ainsi affirmé Météo-France lors de la présentation de son bilan. « Après un printemps 2026 déjà déficitaire de 30% et des mois de juin et juillet déficitaires respectivement de 50% et 70%, l’été 2026 s’achève par un mois d’août déficitaire de plus de 10% », détaille encore le prévisionniste.
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Si l’été 2026 représente du jamais-vu dans l’histoire de la France avec une anomalie de +5°C par rapport à un été moyen de l’ère préindustrielle (1850-1900), et qu’il reste un « événement rare » dans le climat actuel avec une possibilité sur 100 de se produire, il pourrait être amené à être de plus en plus fréquent. Dans une France à +4°C – soit la trajectoire de réchauffement actuellement envisagée pour la France pour 2100 -, il serait en réalité un été « dans la moyenne ».
Comparaison de l’été 2026 par rapport aux étés attendus des années 2050 et 2100 – Météo-France
Toutefois, en termes de pluviométrie, l’été 2026 resterait parmi les moins arrosés d’une France à +2,7°C – soit la température moyenne attendue en 2050 -, et correspondrait à un été peu arrosé dans une France à +4°C. D’où l’appel lancé par Monique Barbut « d’être à la hauteur des enjeux » en matière climatique.
« On ne peut pas subir et attendre que les événements arrivent pour prendre des décisions », a estimé la ministre qui a affirmé que, chez nos voisins européens, « personne n’était mieux préparé que nous » à cet été 2026 qui a surpris par l’intensité des phénomènes enregistrés.
« On a tous dit que ça allait arriver, mais je crois qu’on a tous été un peu surpris par ce qu’il s’est passé. Maintenant nous l’avons vécu » et les impacts du changement climatique « arrivent plus vite que ce qu’on avait imaginé », a poursuivi la ministre. « Maintenant, il faut être prêts pour les prochains parce que, ce qu’on a vécu aujourd’hui, on ne peut pas le revivre à l’identique ».
