Membre du groupe d’une trentaine d’hommes qui s’est dégagé à un peu plus de 100 kilomètres de l’arrivée, l’Anversois a fait le plein de points pour un maillot vert (20 pts) plus que jamais solidement accroché sur ses épaules. Mais aussi pour un classement de la montagne (11 pts) dont WVA ne cache plus faire un objectif ! Deuxième d’un ranking qu’emmène Buitrago pour 22 unités de mieux, le dernier vainqueur de Paris-Roubaix aimerait refaire le coup de 2024 lorsqu’il occupait la tête de ces deux classements annexes… avant de devoir abandonner la Vuelta sur chute.
« C’est très probablement la dernière semaine qui sera décisive pour ce classement de meilleur grimpeur, mais oui j’y pense, analysait van Aert. J’ai d’autres objectifs avant cela sur lesquels je me concentre d’abord, mais je n’avais pas envie de laisser filer des points gratuitement ce jeudi. On saura plus tard si cette ambition est réaliste. J’ai en tout cas envie de tenter le coup si c’est jouable. Entre ces unités glanées et la bonne opération pour le maillot vert, le bilan de ma journée est plutôt satisfaisant (sourire)… »
Omrzel fait mieux que Pogacar
Si son nom n’est pas encore familier aux oreilles du grand public, Jakob Omrzel n’est pas un inconnu pour les suiveurs assidus. Plus jeune coureur de cette Vuelta (20 ans depuis mars), le coureur de chez Bahrain-Victorious a déposé sa carte de visite en levant les bras jeudi en haut du sommet andalou. L’ancien vainqueur du Giro Next Gen (2025) a, du même coup, fait mieux que son compatriote Tadej Pogacar en 2019 puisqu’il est devenu le 2e vainqueur d’étape le plus jeune de l’histoire de la Vuelta.
Un destin plein de promesses qui a failli basculer en septembre 2024. Favori du Giro della Lunigiana, une course pour juniors réputée et remportée cette année-là par un certain Paul Seixas, le Slovène avait été victime d’une terrible chute après avoir percuté un signaleur. Un accident qui avait provoqué un arrêt cardiaque. Si son pronostic vital avait été un temps engagé, l’intervention rapide des secours avait sauvé un talent déterminé à profiter de chaque instant.
« Cette victoire d’étape sur mon premier grand tour ne me surprend pas véritablement, souriait jeudi Omrzel, désormais 6e du général. Je sais à quel point j’ai travaillé dur. La question était plutôt de savoir quand elle allait tomber. »
Mas grappille
« Pour Enric, c’est sans doute l’année ou jamais… » Directeur sportif du maillot rouge Mas, l’ancien champion de Belgique Jurgen Roelandts a apprécié le coup de force du leader de la Movistar sur les pentes de la montée finale.
En attaquant à un peu plus de dix kilomètres de l’arrivée, le Majorquin a piégé ses rivaux Roglic ou Gall. « Reprendre 27 nouvelles secondes à mes plus proches poursuivants au classement général, c’est évidemment une super opération, souriait l’Espagnol. J’ai choisi de passer à l’offensive d’assez loin et j’avoue que les derniers kilomètres m’ont paru long (rires)… Je connaissais bien cette montée pour y être venu en stage. On y avait beaucoup souffert. Cette fois, le lieu a une autre saveur. »