Sasha (Eylul Guven), huit ans, grandit dans une famille unie, dont les parents (Iringó Réti et Ádám Tompa) ont émigré de Hongrie. C’est l’été, il fait beau. Mais le mal-être de son grand frère Jeremy (Edik Beddoes) ne cesse de grandir, celui-ci présentant des comportements autodestructeurs de plus en plus inquiétants…
Portrait éclaté
S’inspirant de ses propres souvenirs, forcément partiels et tronqués, Sophy Romvari conçoit Blue Heron comme un espace de réflexion sur la mémoire. Grâce à une très belle photographie rétro, la cinéaste nous plonge dans une atmosphère nostalgique douce-amère. L’enfance rimant ici avec insouciance, mais aussi avec tensions, climat d’angoisse sourde.
Mais là où Blue Heron se démarque, c’est par le tournant qu’il prend dans sa seconde partie, mettant en scène Sacha devenue réalisatrice s’intéressant au destin tragique de son frère. Dépassant la simple mise en abîme de son propre travail sur la mémoire familiale, Sophy Romvari ose un pari audacieux, assez brillant, mais aussi déstabilisateur pour le spectateur. La cinéaste quitte le naturalisme strict pour aller vers autre chose. Vers une métaphore purement cinématographique du fonctionnement de la mémoire, où passé et présent sont intrinsèquement liés.

Sasha (Eylul Guven) grandit dans une famille d’origine hongroise a priori heureuse… ©Cherry Pickers
©Cherry PickersBlue heron
Drame Scénario et réalisation Sophy Romvari Photographie Maya Bankovic Montage Kurt Walker Avec Eylul Guven, Amy Zimmer, Ádám Tompa, Iringó Réti… Durée 1h30