Séisme chez D’Ieteren Automotive : une restructuration est annoncée, près de 350 emplois sont menacés

« Derrière les mots de « transformation stratégique », il y a 344 travailleurs, 344 emplois, des familles, des compétences et parfois des décennies d’expérience. Nous allons utiliser chaque étape de la procédure Renault pour obtenir des réponses et mettre toutes les alternatives sur la table », a réagi Jean-Paul Sellekaerts, permanent syndical à la FGTB Métal Bruxelles-Brabant.

Denis Gorteman, CEO, explique que D’Ieteren Automotive doit s’adapter aux nouvelles réalités. « C’est une question d’adapter nos structures et nos compétences internes à l’évolution des besoins de notre clientèle. Cette évolution se fait effectivement au travers entre autres de la fermeture ou du regroupement de certains sites et d’une réorganisation interne, qui ont malheureusement un impact social. »

L’élément déclencheur

Il n’y avait donc pas péril en la demeure. Il ne s’agit pas, en effet, de réagir à de mauvais chiffres trimestriels ou semestriels. « C’est pour pouvoir mieux et plus rapidement répondre à l’évolution des besoins de nos clients. C’est l’élément déclencheur. »

L’un des éléments déclencheurs, c’est aussi l’arrivée prochaine du budget mobilité au sein des entreprises, qui risque de profondément rebattre les cartes dans le marché des flottes. Or, quelque 60 % des ventes de véhicules neufs, toutes marques confondues, sont réalisées via des voitures de société.

« Il est clair que l’obligation du budget mobilité à partir du 1er janvier 2027 pour les sociétés de plus de 50 personnes et à partir du 1er janvier 2028 pour celles de plus de 15 personnes a un impact sur l’évolution des besoins de nos clients. C’est un élément qui nous a encouragés à accélérer la mise en œuvre de notre stratégie », poursuit Denis Gorteman.

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Quel sera le visage futur du groupe, selon le désir de la direction ? « Nous allons passer d’une société vendeuse de voitures à un acteur de la mobilité qui vend des services ».

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« Le fait que nous voulons mettre plus le focus sur le véhicule d’occasion va nous permettre de toucher une clientèle que nous touchons peu aujourd’hui »

Le marché des voitures neuves a perdu 20 % depuis la période Covid, vers les 400 000 véhicules. « Les véhicules électriques ont une durée de vie plus longue ». De plus, les durées de contrat des sociétés sont aujourd’hui au-delà des 5 ans en moyenne, contre 4 ans auparavant. « Tout cela a un impact sur le marché ».

L’intérêt de la manœuvre pour D’Ieteren Automotive, ce sera donc d’être moins dépendant des fluctuations du marché des véhicules neufs à l’avenir ».

D’Ieteren Automotive va plus se focaliser sur la clientèle particulière. « Le fait que nous voulons mettre plus le focus sur le véhicule d’occasion va nous permettre de toucher une clientèle que nous touchons peu aujourd’hui. »

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Denis Gorteman espère aussi que le particulier sera sensible à la nouvelle offre de voitures électriques plus abordables financièrement, qui arrivent toutefois sur le marché avec pas mal de retard par rapport aux concurrents, notamment chinois. L’accueil des ID.Polo, Skoda Epiq et autre Cupra Raval est en tout cas positif.

Dans le package global des propositions de mobilité, D’Ieteren a plus d’une corde à son arc. « Nous avons investi depuis plusieurs années dans d’autres types d’activités que ce soit les véhicules partagés Poppy ou les vélos Lucien. » Avec D’Ieteren Energy, l’entreprise peut également proposer des solutions de recharge.

Parmi les victimes de ce plan, les centres de carrosserie Wondercar de Zaventem et Drogenbos passeraient à la trappe. Denis Gorteman ne confirme pas expressément. « La sinistralité évolue différemment dans les régions de Bruxelles et Anvers que dans le reste du pays. À Bruxelles, cela s’explique par les zones à 30 km/h, par les files mais aussi parce que beaucoup d’autres solutions de mobilité sont disponibles. Donc certaines activités pourraient être concernées », remarque-t-il toutefois.

Pour le client, en tout cas, rien ne change. « Le service à la clientèle pour notre activité retail tout comme le service à nos concessionnaires indépendants ne sont absolument pas impactés. »

Rester numéro 1

Le CEO de D’Ieteren Automotive se dit en tout cas certain que l’avenir du groupe, et du personnel qui restera à bord, sera assuré. « Je suis convaincu que nous allons pouvoir garder et renforcer notre place de leader » (21,68 % de parts de marché). Les différentes marques permettent aussi à l’importateur d’être numéro 1 sur le segment électrique. « Nous avons les cartes en main pour grandir dans ce segment. »

Avec ce plan, « nous allons être plus relevant pour nos clients et nous démarquer de la concurrence. Continuer à travailler avec un réseau de concessionnaires, c’est la meilleure manière de servir notre clientèle. Notre gamme de voitures et notre gamme de services nous permettent de nous différencier très clairement de la concurrence, qu’elle soit chinoise ou autre », conclut-il.

Le ton est donné

Quoi qu’il en soit, Denis Gorteman promet des « discussions transparentes et ouvertes » avec les représentants du personnel.

« Nous entendons aujourd’hui que le marché change et qu’il faut s’adapter. Mais lorsqu’une entreprise continue à générer des centaines de millions d’euros de résultats, nous refusons que la première réponse consiste à supprimer des centaines d’emplois », a de son côté balisé le permanent syndical à la FGTB Métal Bruxelles-Brabant.

Le ton est donné.