C’est un bébé dont la Niçoise Caroline Delage est vraiment fière, et elle peut l’être. Au tableau, son concept lancé en 2017 dans la perspective de l’élection présidentielle, revient sur Canal + Kids avec une nouvelle salve d’invités : le vidéaste Inoxtag, les chanteuses Louane et Marine, les comédiens Ahmed Sylla et José Garcia, mais aussi Lilian Thuram, champion du monde 1998.

Pour ce grand retour à l’antenne, c’est Louane qui ouvre le bal. Le concept ? Les invités se présentent face à une classe hétérogène d’élèves et va s’ouvrir une discussion à bâtons rompus, sans filtre, sans tabou. Une franche réussite qui rend fière l’Azuréenne.

Il faut se renouveler sans cesse et ça tient beaucoup au casting des invités. Ça dépend beaucoup de la générosité et de l’investissement des personnalités qui arrivent à lâcher prise et à se laisser porter pendant une demi-heure avec les enfants. Sur cette nouvelle saison, on est bien servi, quelqu’un comme Lilian Thuram, c’est une belle surprise, il y a une notion de transmission très prégnante chez lui. C’est une classe que je constitue complètement. Ils ne se connaissent pas. Ils n’ont pas tous le même âge. Ils viennent d’un peu partout parce qu’on essaie d’avoir une représentativité sociale, géographique. Et là, ça fait un groupe vraiment avec une alchimie, une énergie formidable. Et on a deux enfants trisomiques aussi qui nous ont rejoints, je tiens beaucoup à cette notion d’inclusion qui est un des enjeux sociétaux qui me tient le plus à cœur.

Que viennent chercher les invités dans ce concept ?

C’est vraiment un moment particulier parce qu’il se passe des choses avec les enfants. Déjà, ils sont surpris, bien qu’ils soient rompus à la promotion, aux interviews. Louane nous a dit être complètement déstabilisée. Il y a une question notamment sur la mort de ses parents et son rapport à la mort qui l’a complètement prise à contre-courant. Et en même temps, elle a beaucoup aimé être sortie de sa zone de confort parce que c’est ça la recette magique de l’émission : des questions qui désarçonnent, qui surprennent. Mais il y a toujours cette bienveillance qui fait qu’on ne se sent jamais pris au piège parce que les enfants sont bienveillants, ils ne sont pas du tout dans le jugement. Les enfants, notamment sur les questions fondamentales, existentielles, de la mort, sont sans filtre et sincères, et c’est ça qui est chouette.

Caroline Delage dans ses bureaux parisiens. Photo M. Faure

Et les enfants, comment vous les sentez ?

Ils oublient vite les caméras. Ils ne sont pas stressés, sont parfois surexcités. Surtout là, on recevait Inoxtag, ils étaient comme des fous, ça leur parle beaucoup, c’était un événement. Mais ils oublient très vite les caméras qui sont le plus cachées possible. Ça, c’est aussi un des principes de l’émission : on essaie de créer un écrin entre la personnalité et les enfants. Ils sont dans l’échange et ils ont conscience de la chance inouïe qu’ils ont d’être en tête-à-tête comme ça.

« Catherine Deneuve, par exemple, je pense qu’il pourrait se passer quelque chose avec les enfants. Il y aurait un vrai contraste. »

Idéalement, vous rêveriez de qui dans cette émission ?

J’ai toujours mon rêve de Barack Obama. Léon Marchand, ça reste un modèle et quelqu’un de très inspirant. D’autres créateurs de contenu, comme Léna Situations, c’est toujours intéressant de rencontrer ce type de personnalité. Après, il y a la Présidentielle qui arrive, donc j’espère qu’on va faire une saison avec les principaux candidats. J’aime aller chercher des sportifs aussi, ce sont des gens qui ne sont pas très communicants, donc des joueurs de l’équipe de France, ou du PSG, ce serait vraiment chouette. Une personnalité comme Catherine Deneuve, par exemple, je pense qu’il pourrait se passer quelque chose avec les enfants. Il y aurait un vrai contraste.

L’épisode dont vous êtes la plus satisfaite ?

C’est vrai que l’émission avec Emmanuel Macron en 2017 reste marquante, parce qu’on l’a tellement découvert dans cette émission, ça reste un des souvenirs incroyables. Kylian Mbappé aussi, en 2018, c’est le plus jeune des invités qu’on ait reçus, et les enfants étaient tellement impressionnés. Il y avait un silence dans la salle de classe, c’était marrant.

Le pays le plus surprenant dans lequel l’émission a été adaptée ?

L’Arabie saoudite, je pense. On recevait des cheikhs, des princes. Il y avait pas mal d’autocensure dans les questions politiques mais la grande avancée, c’est d’avoir une classe mixte. Et c’était la première fois que les garçons et les filles étaient mélangés dans une classe. Et rien que pour ça, c’était formidable d’aller là-bas et d’assister à l’enregistrement, et de voir les garçons et les filles mélangés dans une classe pour l’émission.

À partir du 2 septembre puis tous les premiers mercredis du mois à 10 h 00 sur Canal + Kids et disponible sur l’App CANAL +