Et cette survie, elle en paye le prix fort. « Mon corps est brûlé à près de 40 %. Mon corps est devenu un champ de bataille. Chaque pansement, tous les deux jours, est une épreuve. Chaque soin ravive la douleur », dit-elle.
Originaire d’Angers (Maine-et-Loire), Mélanie Van De Velde Azzi est une rescapée. Certes, elle a survécu et peut revoir sa petite fille. Mais sa vie ne sera plus jamais la même. « La douleur ne disparaît jamais vraiment. Elle s’installe. Elle use. Elle envahit. Mais au-delà du corps, il y a autre chose. Mon visage ne sera plus jamais le même. Celui que je reconnaissais dans le miroir n’existe plus. Celui que ma fille connaissait non plus. C’est une perte intime, silencieuse, impossible à expliquer à ceux qui ne la vivent pas. »
Aujourd’hui, elle panse ses plaies du côté de Nantes où se déroule l’essentiel de ses soins. « Loin de chez moi. Loin de ma vie. Et surtout loin de ma fille, que je ne peux pas prendre dans mes bras quand la douleur devient insupportable », poursuit-elle.
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De son propre aveu, son ancienne vie est terminée. « Mon corps ne redeviendra jamais celui d’avant. Mon visage ne retrouvera jamais ses traits d’avant. Ma peau portera à vie la mémoire de cette nuit. Et mon esprit aussi. »
Où est la justice ?
Sans jamais les nommer, elle évoque la lourde responsabilité de la faute. Celle des gérants du bar Le Constellation, Jacques et Jessica Moretti. « Pendant que je subis des interventions lourdes, pendant que je réapprends à habiter un corps profondément abîmé, d’autres continuent de vivre normalement. Libres. Sans brûlures. Sans cicatrices. Sans nuits hantées. »
Plusieurs fois dans son message, elle se pose une question : « Où est la justice ? »
Si elle n’assure ne pas écrire « par vengeance », elle prend la plume parce que « le silence est une deuxième brûlure ». « J’écris pour qu’on comprenne que derrière un fait divers, il y a des corps mutilés, des identités bouleversées, des mères séparées de leurs enfants. J’écris pour qu’on entende enfin la voix de celles et ceux qui paient le prix le plus lourd. »
Avant de terminer : « Je suis Mélanie. Je suis vivante. Mais je vis désormais dans un corps et un visage qui ne seront plus jamais les mêmes. Et tant que cette réalité ne sera pas pleinement reconnue, ma douleur ne sera pas seulement médicale. Elle restera profondément humaine. »
Pour rappel, Jacques et Jessica Moretti seront à nouveau entendus par la justice suisse les 11 et le 12 février prochain.