Une semaine en reportage : Lyon vu par Doisneau en 1950
L’exposition Instants donnés a été conçue au musée Maillol à Paris où elle a été vues par 250 000 personnes l’an dernier. Après avoir été présentée à Liège en Belgique, elle débarque à Lyon avec une section supplémentaire dédiée aux photos prises par Doisneau lors de son passage en 1950.
Salarié du magazine Vogue depuis 1949, il est envoyé en reportage dans plusieurs villes avec la journaliste Edmonde Charles-Roux. « Il arrive avec toute une liste de personnes à photographier, qui sont les gens assurant le renouveau de la ville de Lyon après la guerre », contextualise sa fille Francine Deroudille, co-commissaire de l’exposition. Les images prises à l’époque lors de ce reportage d’une semaine ont déjà été partiellement montrées à Lyon lors d’une exposition au musée Jean Couty en 2021. Il saisit un homme élégamment vêtu à la fenêtre de la ficelle menant à Fourvière, la cour des Voraces (qui n’a guère changé), des grappes d’enfants rassemblées devant les façades bien délabrées d’un immeuble du Vieux-Lyon.
Et donc quelques personnalités locales, comme le professeur Edmond Locard, un peu intimidé au milieu des pistolets, haches et autres fusils accrochés sur les murs du laboratoire de police scientifique qu’il a fondé. « Il a aussi fait de très belles photos quasiment aériennes : aujourd’hui ce genre de photos ne nous impressionnent plus du tout car avec les drones, on a l’habitude, mais son regard dans les années 50 était étonnant », analyse Isabelle Benoit, commissaire de l’exposition. « Il avait une licence de photographe aérien qu’il avait acquis quand il travaillait chez Renault : il allait dans les avions fabriqués par Renault faire de la photographie aérienne ».