Ibrahim Molough

Par Ibrahim Molough

Publié le 04 septembre à 13h07

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Lors du débat des présidents sur RTL-tvi ce mercredi soir, Georges-Louis Bouchez a affirmé que le PS bloquait la suppression des provinces. Celle-ci nécessite une majorité des deux tiers au Parlement wallon. Le PS affirme de son côté être ouvert à une réforme, mais sous certaines conditions.


« On veut supprimer les provinces, mais aujourd’hui, on est bloqué par le PS. » Georges-Louis Bouchez a ainsi mis en cause le Parti socialiste lors du débat des présidents de partis francophones sur RTL-tvi ce mercredi soir. Il est ici question de la suppression du niveau politique des provinces, et non de leurs agents ou des services qu’elles assurent. Pour faire aboutir cette réforme, le gouvernement wallon devra obtenir une majorité des deux tiers au Parlement wallon : la majorité MR-Engagés ne dispose donc pas, à elle seule, des voix nécessaires.

Face à lui, Paul Magnette a assuré que le PS était « ouvert à toute discussion », tout en demandant des garanties sur les services et le fonctionnement futur.



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Le parti confirme cette position : il se dit favorable à une réforme si celle-ci apporte une valeur ajoutée pour le citoyen, est budgétairement neutre, protège l’emploi et garantit les services à la population. C’était également la ligne défendue par le député socialiste Bruno Lefèbvre lors d’un débat au Parlement wallon en janvier dernier.

Un vote, mais pas sur la suppression

À ce stade, aucun texte supprimant directement les provinces n’a encore été soumis au vote du Parlement wallon. Mais un vote intervenu le 21 janvier 2026 permet de regarder ce que les députés PS ont effectivement soutenu ou rejeté.

Ce jour-là, deux motions avaient été examinées après une interpellation de Stéphane Hazée (Ecolo) sur l’évolution des provinces. La première, déposée par Stéphane Hazée et Veronica Cremasco, était une motion motivée. Elle demandait notamment un large débat public sur l’avenir des provinces et de la supracommunalité, ainsi qu’une réflexion sur les compétences, les territoires concernés et la gouvernance future.



La seconde, déposée par Jean-Paul Bastin (Les Engagés) et Maxime Daye (MR), était une motion « pure et simple ». Contrairement à la première, elle ne développait pas de proposition sur la réforme : elle revenait à passer à l’ordre du jour. Selon le règlement du Parlement wallon, cette motion devait être votée en priorité.

Pourquoi le PS a voté « non »

La motion « pure et simple » a été adoptée par 40 voix contre 31. Les députés du MR et des Engagés ont voté pour, tandis que les députés PS, Ecolo et PTB ont voté contre.

Le PS assume donc bien son vote. Mais il explique avoir voté contre cette motion parce qu’il souhaitait que la motion motivée d’Ecolo, qui correspondait davantage à ses demandes, puisse être examinée.

C’est là que la procédure parlementaire est importante : la motion « pure et simple » était prioritaire et, une fois adoptée, elle a rendu caduque la motion motivée. Cette dernière n’a donc pas été mise aux voix.

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Autrement dit, les députés PS ont bien voté contre une motion de la majorité, mais ils expliquent ce vote par leur volonté de poursuivre le débat autour des conditions de la réforme plutôt que de simplement passer à l’ordre du jour.

Alors, le PS bloque-t-il la suppression ?

Le vote du 21 janvier 2026 ne permet pas de répondre à lui seul « oui » ou « non ». Le PS n’a pas encore voté sur un texte proposant directement de supprimer les provinces, puisque celui-ci n’a pas encore été soumis au Parlement.

En revanche, le parti ne soutient pas, à ce stade, la réforme sans conditions. Parler d’un « blocage du PS » est donc à nuancer : le parti ne se dit pas opposé au principe d’une réforme, mais il ne donne pas non plus aujourd’hui son soutien au projet sans garanties.



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