Selon les policiers, Marc aurait été aperçu au volant d’une BMW vers 18h05. Quarante-cinq minutes plus tard, une autre patrouille l’aurait à nouveau croisé dans une autre rue de Boussu.

Interrogations de la défense

« On est dans une appréciation subjective des policiers, estime Me Guttadauria. Le croisement dure trois secondes et l’identification repose sur une photo de mon client alors qu’il avait quinze ans. »

L’avocat s’interroge également : si son client était réellement recherché dans le cadre de deux dossiers à l’instruction, pourquoi aurait-il circulé tranquillement dans la commune ?

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Pour illustrer les dangers d’une identification sur photo, le pénaliste raconte d’ailleurs une mésaventure qui lui est personnellement arrivée. « Un membre du parquet m’avait signifié que j’allais être auditionné comme suspect dans une affaire de trafic international de fausses cartes bancaires. Un policier qui me connaît depuis longtemps m’avait identifié sur une photo extraite d’une vidéo. Je me suis présenté à la police et ce n’était évidemment pas moi. »

La tension monte dans le prétoire

Le substitut du procureur annonce ensuite qu’il souhaite déposer deux nouvelles pièces au dossier. Problème : celles-ci n’ont pas été communiquées à la défense avant l’audience.

« C’est délicat », souffle le président du tribunal.

Le parquet maintient néanmoins sa position et estime Marc coupable. Le magistrat s’appuie notamment sur le parcours d’une voiture de location. « La voiture a été louée à 15h30 à Bruxelles-Midi. Elle a ensuite été filmée par les caméras ANPR sur l’axe Bruxelles-Charleroi-Mons. Monsieur n’est pas titulaire du permis de conduire. »

Puis vient une nouvelle révélation.

Le substitut évoque un autre dossier : « Le 30 octobre 2025, il a pris la fuite en voiture alors qu’il faisait l’objet d’une enquête en matière de stupéfiants. Il s’agissait encore d’une voiture de location. »

La défense intervient : « C’est scandaleux !  » lance Me Guttadauria.

Le président abonde : « Ce n’est en effet pas très loyal. »

Erreur de jeunesse

Le jeune magistrat du parquet reconnaît finalement son erreur. Il explique n’avoir pris connaissance de ce nouveau dossier que la veille de l’audience. Une information arrivée trop tard pour permettre un véritable débat contradictoire.

Malgré cette maladresse, le parquet maintient ses réquisitions et réclame une peine de niveau 2.

Et le jeune substitut, confronté à un président expérimenté et à un avocat pénaliste qui connaît parfaitement les ficelles de la procédure, aura sans doute appris une leçon utile pour ses prochaines audiences.