Louis Vandendriessche

Par Louis Vandendriessche

Publié le 04 septembre à 20h22

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La Cour des comptes s’est penchée sur le dossier du tram à Liège et a estimé son coût : 1,3 milliard d’euros, soit beaucoup plus qu’annoncé. Elle relève aussi plusieurs faiblesses tant dans la gestion du projet que dans le respect de la législation sur les marchés publics. Reportage avec Cathline Delvaux, Vincent Jamoulle et David Muller.


Retard, surcoûts et gestion mise en cause par la Cour des comptes : malgré ces critiques, les Liégeois restent satisfaits du tram de la cité ardente. « Il a peut-être coûté cher… mais moins cher qu’un F35 », « Peut-être un peu trop cher, mais nous, on l’apprécie énormément en tout cas »., « C’est plus facile pour se déplacer, maintenant est-ce que ça en valait vraiment la peine, je n’en sais rien pour le reste des usagers », entend-on parmi les usagers.

Parmi les faiblesses épinglées par la Cour des comptes, les coûts des consultances et des assistances externes : ils ont augmenté de 234 %, en cause notamment, un manque de personnel technique en interne. « Pendant le projet, il y a eu le Covid, il y a eu la guerre en Ukraine, on a dû renégocier le contrat, faire une médiation comme on l’appelle, qui a été ensuite signée, avalisée par le gouvernement et qui a relancé le chantier. Aujourd’hui, le tram roule : pour y arriver, on a dû s’entourer parmi toutes ces étapes dont certaines n’étaient pas prévues, de consultants externes qui évidemment facturent », explique Stéphane Thiery, porte-parole de LETEC.




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Les extensions du tram n’auront finalement pas lieu, une décision prise par le gouvernement Wallon en 2024 qui a un coût, 31,9 millions d’euros. Dans son rapport, la Cour des comptes met en évidence un manque d’évaluation des risques budgétaires et juridiques.

Le ministre wallon de la Mobilité François Desquesnes n’a pas pu répondre à nos sollicitations, mais rappelle dans un communiqué « Quand les évaluations démontrent qu’un projet ne répond pas adéquatement aux besoins de mobilité, le devoir du gouvernement est d’agir et de choisir la solution la plus utile pour les citoyens et la plus responsable pour les finances publiques. »


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Dysfonctionnements constatés, manque d’analyse préalable et d’analyse coût-bénéfice dans le cadre d’un partenariat public-privé, la Cour des comptes n’a pas mâché ces mots avec un but premier : informer. « On pourrait envisager qu’il y ait des discussions au parlement Wallon sur la gestion de ce tram de Liège avec des questions qui seraient posées aux ministres compétents avec une potentialité de légiférer par rapport à ce qui est recommandé par la Cour des comptes. Le parlement peut agir, il était informé, le public est également informé quant à l’utilisation des données publiques », pointe Julien Vandernoot, professeur de finances publiques et de fiscalité à l’UMons.

Autre point d’inquiétude, la situation du gestionnaire privé « Tram ardent ». Déjà pénalisé pour ses performances insuffisantes, il pourrait voir son équilibre financier menacé si ses difficultés venaient à se répéter.



letec
Liège (prov. de Liège)