Coupes massives
Dès l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche début 2025, elle observait avec angoisse les larges coupes réalisées par l’Administration Trump dans le financement de la recherche scientifique. En particulier, elle gardait peu d’illusion sur le financement fédéral de la science climatique, devenue paria sous le nouveau gouvernement, pour qui le réchauffement climatique est « la plus grande arnaque jamais menée ».
Diplômée bioingénieure de la KU Leuven en 2004, Valérie Trouet est actuellement considérée comme une référence mondiale en dendroclimatologie, une discipline qui consiste à étudier en détail les anneaux des arbres (les cernes), à partir desquels on peut déduire le climat du passé.
Entre 2022 et 2024, elle avait pris deux années sabbatiques auprès de l’Université de l’Arizona pour occuper la direction à Bruxelles du Belgian Climate Center, créé par le gouvernement de la Vivaldi, avec le but de stimuler et centraliser la science climatique belge. Elle avait ensuite souhaité retourner à la recherche, aux États-Unis.
Chaire spéciale
Mais à partir de cette rentrée, elle mènera à nouveau des recherches en Belgique, à la VUB. L’an dernier, l’université avait en effet proposé d’accueillir des scientifiques américains qui estimaient leur liberté académique menacée. Valérie Trouet a répondu à cet appel, même si elle garde ses fonctions en Arizona. Elle n’occupera cette chaire « VUB-US », financée par la fondation Helios, qu’à temps partiel.
« L’objectif n’est pas que ces chercheurs rompent leurs liens avec leurs universités américaines. Grâce aux chaires de recherche, ils peuvent mener des recherches à la VUB et établir des collaborations pour relever les défis mondiaux liés au climat et au développement durable. Grâce à ces chaires de recherche, nous souhaitons devenir un centre de référence qui jette des ponts entre l’Europe et les États-Unis », explique Pieter Ballon, vice-recteur chargé de la recherche à la VUB.
À la VUB, Valérie Trouet compte notamment mettre sur pied un nouveau laboratoire, car, aux États-Unis, le programme de paléoclimatologie de l’agence fédérale finançant la science a été supprimé, rendant le recrutement de chercheurs quasi impossible.
Elle collaborera notamment avec le professeur Wim Thiery, auteur du Giec et professeur à la VUB. En combinant les données climatiques historiques issues des cernes des arbres avec des modèles climatiques, les chercheurs visent de nouvelles connaissances sur la variabilité climatique, les phénomènes hydrologiques extrêmes et les impacts du changement climatique d’origine humaine.