Vingt-cinq ans après « Moi… Lolita », Alizée retrouve la scène avec une tournée anniversaire placée sous le signe de la nostalgie. La chanteuse revisite à Montpellier les titres qui ont marqué sa carrière, entourée des équipes de ses débuts et de nombreux danseurs.
Vous avez expliqué ne pas vouloir faire un simple copier-coller du show de l’époque de votre premier succès. De quoi est fait votre concert aujourd’hui ?
Mon concert sera surtout fait de nostalgie. On revisite un peu les titres qui ont fait partie de ma vie de chanteuse. J’ai repris les mêmes équipes que sur la première tournée. Ça me tenait à cœur qu’ils soient là pour fêter cet anniversaire. À l’époque, quand on était ensemble sur les concerts, les autres albums n’existaient pas encore. Donc là, on revisite un peu les titres. Il y a énormément de danse sur scène. C’était important pour moi qu’il y ait beaucoup de danse. Et comme ça, je peux partager la scène et la tournée avec mon mari, qui est le chorégraphe du spectacle.
Est-ce que vous avez l’impression que vous chantez aujourd’hui pour le même public qu’il y a 25 ans, ou pour une génération différente ?
J’ai l’impression que c’est un peu des deux. Je pense qu’il y a des gens qui étaient là au début, qui ont grandi avec moi, qui ont évolué et qui viennent justement pour ce côté nostalgique. Je pense qu’il y en a aussi qui sont là parce qu’ils m’ont peut-être découverte en cours de route. Et s’il y a des nouveaux, ce sont peut-être les enfants de ceux qui m’écoutaient à l’époque et qui viennent avec leurs parents pour découvrir ce que leurs parents écoutaient quand ils avaient leur âge.
Après les premiers concerts, qu’est-ce qui vous a le plus surprise dans la réaction du public ?
Le fait que le public connaisse les paroles sur le bout des lèvres, vraiment du début à la fin. Que ce soit les singles ou même les chansons d’albums, c’est vrai que j’avais l’impression que le public chantait plus fort que moi.
Cette tournée vous a rassurée sur votre place de chanteuse ?
Oui, totalement, bien sûr. Parce que forcément, quand on ne fait plus ce métier et qu’on est un peu en retrait, on ne sait pas si les gens sont toujours présents. Même si on est très suivie sur les réseaux sociaux, parfois, ça ne reflète pas la réalité. Et là, pour le coup, c’est rassurant et plaisant aussi de voir que les gens sont toujours là et écoutent toujours notre musique.
Aussi discrète que Mylène Farmer
Votre premier succès est devenu un classique, mais vous n’avez jamais cherché à entretenir en permanence la nostalgie autour d’Alizée. Il y a une forme de discrétion, peut-être inspirée de Mylène Farmer ?
En fait, je n’ai pas eu besoin d’être inspirée de Mylène pour la discrétion. Je suis naturellement comme ça. Et c’est aussi pour ça qu’on s’est bien entendues dès le début et qu’on a pu travailler ensemble : je suis naturellement réservée et discrète. Donc je suis restée moi-même. « Moi… Lolita » a été reprise plusieurs fois ces dernières années sans que moi je fasse quoi que ce soit. Donc la nostalgie était là naturellement, sans qu’on essaye de la fabriquer ou de l’entretenir.
Justement, parlons de ces reprises. Il y a eu celle de Dua Lipa, il y a aussi la génération TikTok qui s’approprie vos titres. Ça vous fait quoi ?
Ça fait plaisir que les nouvelles générations apprécient aussi ma musique. Et puis surtout, je m’estime chanceuse d’avoir au moins cette chanson qui est vraiment intemporelle et qui traverse les générations. Si elle ressortait maintenant, elle serait encore à la mode.
La communauté LGBTQIA + vous témoigne un attachement très fort depuis vos débuts. Comment vous expliquez ce lien particulier et durable ?
Alors, je ne sais pas. Je pense que c’est aussi un public très fidèle. Il y a d’abord eu, grâce à Mylène [Farmer], une partie de ce public qui m’a suivie au début, notamment à travers notre collaboration. Et puis il m’a suivie par la suite.
Si vous pouviez rencontrer l’Alizée de 2000, juste avant qu’elle connaisse le succès de « Moi… Lolita », qu’est-ce que vous lui diriez ?
De faire confiance à son destin. Parce que moi, je crois au destin. Donc je lui dirais juste ça.
Vendredi 11 septembre à 20 h. Corum, Esplanade Charles de Gaulle, Montpellier. Tarif : 44 à 64 €.

