Consciente qu’elle vit une saison « un peu compliquée », elle reste philosophe et espère avant tout terminer son heptathlon en France, sans se fixer d’objectif précis.
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Nafi, on imagine que vous auriez préféré franchir 1,88 m ce soir et signer votre meilleure performance de la saison…
« Oui, c’est sûr, j’ai toujours envie d’aller un peu plus haut. Et surtout que j’avais des bonnes sensations. Je trouve que c’était un concours plus consistant que ceux que j’ai faits en début de saison, ça c’est un bon point. Après, ce n’est pas exceptionnel mais c’est en ligne avec le reste de ma saison, qui est un peu compliquée. Dans ce sport, on ne peut pas avoir que des saisons exceptionnelles. Il faut tout prendre et j’essaie de traiter cette saison avec le même respect que les autres, et de garder la même motivation et la même éthique de travail que quand tout se passe parfaitement. Après je pourrais vous dire que je suis triste et tout, mais c’était une soirée top. Je m’y suis vraiment bien amusée, le public était exceptionnel. »

Notre compatriote s’est bien amusée. ©Belgaimage
Comment s’est déroulé votre stage de préparation à Belek ?
« C’était très long. Je suis quand même partie un mois, c’était assez lourd. Donc je pense que c’était bien de toucher un peu à la compétition, d’être un peu dans le mood avant d’aller à Talence. Et j’espère que ça ira un peu mieux là-bas. On verra comment ça se passe. J’espère qu’il y aura une bonne météo, et m’amuser. Si je peux finir l’heptathlon là-bas et avoir des perfs correctes, me sentir mieux qu’en début de saison, ce serait bien pour démarrer la saison suivante. »
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Vous aimeriez sans doute faire 6 550 points, le minimum pour aller aux Mondiaux de Pékin l’année prochaine ?
« Ah, je n’étais pas au courant. Écoutez, je vais essayer de faire le mieux possible. En fait c’est toujours mon motto, même dans les saisons où il y a de gros objectifs, ce qui n’est pas le cas ici, c’est d’y aller et me donner à fond sur chaque épreuve et voir ce que ça donne. Je n’aime pas me fixer un objectif en termes de points. Je me sens bien sur pas mal d’épreuves, et il y en a d’autres où je me sens un peu moins bien. On verra ! »
guillement
Même si les perfs ne sortent pas cette année, le travail que je fais n’est pas perdu.
Vous sentez-vous beaucoup mieux qu’au moment où vous avez renoncé à l’Euro de Birmingham ?
« Je me sens mieux dans la tête, déjà. J’avais déjà eu une saison difficile l’an dernier, j’ai fait la paix avec ce fait-là il y a déjà un moment. Et comme j’ai dit, même si les perfs ne sortent pas cette année, le travail que je fais n’est pas perdu. Ça finira par sortir. Je pense que c’est comme ça que sur le long terme, tu continues à performer. Tu ne peux baisser les bras quand les choses ne se passent pas comme tu espères. Même si tu travailles super dur, c’est facile de se dire que tout va bien et se laisser aller, faire un peu moins attention, se donner un peu moins à fond aux entraînements, manger un peu moins bien, dormir un peu moins bien. J’essaie de faire tout au max. Et de prendre ce que le sport me donne au retour. Il y a des années, c’est incroyable. Il y a des années, ce n’est pas beaucoup. »

L’accueil du public pour Nafi a été exceptionnel. ©Belgaimage
Attacherez-vous de l’importance aux performances réalisées à Talence ?
« C’est un peu comme ce que j’expliquais avec Birmingham : cela ne changera rien à ma carrière. Je pense que c’est plus pour me mettre un objectif. Une soirée comme aujourd’hui, je ne vais pas juste regarder la perf, je vais regarder comment je me suis sentie, comment l’élan était. Ici c’était déjà un peu plus solide. Je pense que, justement, lors de ce genre de saison, il ne faut pas que je me fixe seulement sur la performance, mais que je prenne en compte aussi tout le reste. »
Que vous a-t-il manqué à 1,88 m ?
« Je pense peut-être un peu de consistance au-dessus de la barre. J’ai encore un peu du mal à avoir cette activité au sol. C’est encore un peu difficile mais c’est déjà mieux que la dernière compétition que j’avais faite à Eindhoven. Après, je saute la même chose à l’entraînement qu’ici, donc je pense que c’est encore difficile pour moi de sortir cette adrénaline en compétition. Généralement, je saute toujours un peu mieux dans un hepta, mais on verra. »
Un mot, enfin, sur cette 50e édition du Mémorial Van Damme ?
« Le Mémorial, c’est toujours un peu incontournable, dans n’importe quelles conditions. Tant que je n’ai pas mal quelque part, j’aurai toujours envie de le faire. Moi j’adore le Mémorial ! C’était exceptionnel. J’essayais récemment de retrouver des photos de ma première participation, je crois que c’était en 2012, et je n’en ai pas retrouvé. Je pense que c’est ça aussi qui a fait que je suis arrivée vraiment dans un bon état d’esprit, sachant que c’est toujours un plaisir. »