
Par Yasmine Meziani
Publié le 04 septembre à 21h57
Ajoutez-nous à vos favoris Google
Cinq ans après les inondations de 2021, la Wallonie met à jour sa carte des zones inondables. Un outil clé pour anticiper les crues, délivrer les permis de bâtir et orienter les investissements. Explications avec Samuel Ledoux et David Muller.
Cinq ans après les inondations meurtrières de 2021, la Wallonie met à jour sa cartographie des zones inondables. Un outil clé pour anticiper les prochaines crues, délivrer les permis de bâtir et orienter les investissements.
Des cartes pour connaître le risque
En 2021, 209 communes avaient été touchées par les pires inondations de l’histoire du pays. Près de 48 maisons avaient été sinistrées. Pour gérer la crise, les autorités et les secours s’étaient appuyés sur des cartes spécifiques identifiant les zones à risque.
À lire aussi
Ces cartes sont élaborées à Namur. Des modèles informatiques simulent des inondations et permettent aujourd’hui de repérer les zones exposées. « Ces cartes sont utiles déjà pour connaître le risque », explique Stéphane Gailliez, directeur des cours d’eau non navigables au Service public de Wallonie. « Elles nous permettent également de remettre des avis sur les permis d’urbanisme lorsqu’on a des constructions ou des rénovations en zone d’aléa d’inondation ».
Elles peuvent aussi guider un achat immobilier. « Ça peut être aussi un choix au moment d’un achat d’un bien, d’un terrain ou d’une habitation, mais également par rapport à l’assurabilité ou potentiellement la délivrance de préhypothécaires par les banques », ajoute-t-il.
Du bureau au terrain : visualiser les aménagements
Du bureau au terrain, ces cartes interactives permettent de visualiser les aménagements réalisés et d’en mesurer l’efficacité face aux crues.
À Chaudfontaine, 400 mètres de berges sont actuellement aménagés pour mieux protéger les habitations proches. À terme, ces travaux devraient faire passer ces logements d’une zone fortement exposée au risque d’inondation à une zone simplement exposée.
À lire aussi
« Tout ça est le fruit d’études hydrauliques », précise Stéphane Gailliez. « Un choix après 2021 était de travailler au sein des zones urbaines de manière à les protéger directement par rapport à ce qui a été vécu en 2021. Ici par exemple sur Chaudfontaine, on travaille de l’amont de Chaudfontaine, donc de la zone urbaine, jusqu’à l’aval de Chaudfontaine de manière à vraiment avoir un ensemble d’aménagements qui permet d’avoir une protection optimum ».
300 millions d’euros investis
300 millions d’euros seront investis dans les prochaines années pour aménager les 1.750 kilomètres de cours d’eau non navigables en Wallonie. Outre les chantiers, toute une série d’études sont réalisées pour mettre à jour cette carte.
« Nous avons besoin de données comme de la topographie où nous réalisons des levés géomètres, également des débits qui sont rentrés dans le modèle à différents endroits, les ouvrages avec leurs caractéristiques propres, aussi la rugosité, etc. », détaille Emilien Lambert, modélisateur à la direction des cours d’eau non navigables du Service public de Wallonie.
Une mise à jour régulière
Contrairement au passé, la carte inondation en Wallonie sera mise à jour régulièrement. L’objectif : disposer d’une infographie toujours plus précise pour mieux anticiper les prochaines crues et orienter les investissements vers les zones les plus vulnérables. La mise à jour de cette cartographie, prévue normalement tous les cinq ans, est toujours en cours d’élaboration. Elle devra permettre de réaliser les aménagements nécessaires, servira à délivrer des permis de bâtir et constituera aussi un outil utile pour les assurances.

