En résumé :

la sonde s’est délestée de son module de croisière le 3 septembre 2026, à plus de 200 millions de kilomètres de la Terre;

l’insertion en orbite est prévue le 21 novembre 2026, et les premières données scientifiques, le 6 avril 2027;

Mercure encaisse des écarts de température de plus de 600 °C entre le jour et la nuit.

Un stationnement qui dure six mois

Pas de freinage spectaculaire ici. Là où la plupart des sondes exécutent une seule grande manœuvre, BepiColombo doit s’y prendre tout en douceur pendant six mois, portée par la gravité de Mercure et par de petites poussées bien dosées. Un peu comme reculer dans un espace de stationnement trop serré… avec une vingtaine de minutes de délai entre le volant et les roues, puisqu’aucune correction en temps réel n’est possible à cette distance.

Manœuvre délicate à 200 millions de km : la mission BepiColombo entre dans sa phase critique

Crédit : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington

Des extrêmes… et de la glace !

Imaginez un endroit où le mercure grimpe à 450 °C le jour et plonge à −180 °C la nuit. Sans atmosphère pour redistribuer la chaleur, la planète subit tout de plein fouet. Le plus étonnant : au fond de certains cratères polaires que le Soleil n’atteint jamais se cacherait de la glace d’eau. Du frimas à quelques dizaines de millions de kilomètres du Soleil, c’est quand même incroyable.

MERCURE NASA

Crédit : NASA

Deux sondes valent mieux qu’une

Lancée en 2018, cette mission européenne et japonaise transporte deux orbiteurs. Le MPO cartographiera la surface et sondera l’immense noyau de fer de la planète, tandis que Mio scrutera son champ magnétique. Les deux se sépareront vers le 9 décembre pour travailler en duo, une première autour de Mercure.

Manœuvre délicate à 200 millions de km : la mission BepiColombo entre dans sa phase critique

Crédit : ESA/BepiColombo/MTM, CC BY-SA 3.0 IGO

À surveiller cet automne

Le 21 novembre, la petite planète la plus proche du Soleil accueillera enfin ses deux visiteurs. Après huit ans de route et six survols, on peut bien patienter encore quelques semaines.

Source : European Space Agency (ESA)

INSOLITE : De la neige là où il n’y en a presque jamais