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6 sept. 2026 à 11h05
Pouvait-il seulement imaginer, quand il avait l’âge de sortir faire du skate avec ses potes au Plessis-Trevise, en banlieue parisienne, que sa recherche du « beau » en photo allait le conduire quelques années plus tard à photographier des personnalités au Festival de Cannes ? Mais que préfère-t-il vraiment ? Difficile de trancher. Valentin Le Cron, 33 ans, est un photographe qui a l’âge de l’assurance. Voilà 10 ans qu’il travaille pour des marques de prestige chargées d’habiller les stars pour la célèbre montée des marches à Cannes, par exemple.
On appelle ça un getting ready. Avant un évènement, une avant-première par exemple, ou un défilé de Mode, les personnalités se préparent, elles sont maquillées et coiffées. Elles s’habillent avec une tenue qui leur est prêtée pour l’occasion par une marque qui me mandate pour réaliser des photos. La plupart du temps cela se passe dans une chambre d’hôtel. C’est là que j’interviens, on me donne un temps bien précis, en fonction de la commande, pour faire des images qui mettent en valeur la marque et, bien sûr, la personnalité du talent.
Valentin Le Cron
Évidemment, on a tous envie de lui demander : « Alors Valentin, ça fait quoi de rencontrer Marion Cotillard ? Tu as pu parler avec Bad Bunny ? Il est sympa ? ». La réalité est souvent un peu plus décevante.
« Pour les personnalités comme pour moi, c’est un boulot. Pour Marion Cotillard, par exemple, son agent ne m’a laissé que quelques secondes avec elle, le temps de faire trois images… Il faut donc savoir être efficace et composer avec la pression. Autant dire que je n’ai pas vraiment le temps d’apprendre à les connaître. »
Un œil laser
L’œil de Valentin, qui gère avec sa compagne Marie Verlhac le bar à vins Silo à Mortagne-au-Perche, est affûté comme un laser par des années de pratique. Il scrute la chambre d’un regard, déniche les meilleurs « spots », et fait bouger son sujet en lui proposant une posture, un regard.
Avec l’expérience, tu apprends à mieux gérer ton stress. Et j’ai mes habitudes surtout, je sais ce que veulent les marques qui font appel à mes services. Donc je m’adapte tout en essayant de faire quelque chose qui me plaise aussi, évidemment.
Valentin Le Cron
Quand les commandes sont plus prestigieuses, comme récemment pour la couverture de Vogue avec l’actrice thaïlandaise Lingling, réalisée au Château de La Colle Noire, Valentin profite d’avoir plus de temps avec son modèle. « C’est vraiment autre chose, car on peut penser à plusieurs options, à des jeux de lumière, et surtout cela permet de gagner la confiance de son interlocuteur. C’est crucial, car on ose finalement demander des choses plus ambitieuses : du mouvement, des attitudes plus éditoriales… C’est un luxe.

Marion Cotillard ©Valentin Le CronDes débuts dans les soirées parisiennes
Avant d’arriver à capter l’attention des stars, Valentin a débuté à 18 ans dans des soirées, où il était chargé de photographier les personnalités. Puis il y a eu les défilés des fameuses « Fashion weeks » à Paris, où certains photographes sont chargés de photographier les personnalités des premiers rangs, et non les modèles qui défilent. En 2026, la couverture de Vogue l’a fait passer dans un autre univers.
Tout comme les clichés de Jennifer Aniston, Dua Lipa, Zendaya, Pierre Niney ou encore Omar Sy. « Quand on arrive à shooter de grandes célébrités comme des stars américaines, tout est différent. Car les marques se disent qu’on est capable de gérer des personnalités d’envergure avec leurs exigences, tout en canalisant le stress qui va avec. C’est un gage de rigueur qui, souvent, fait franchir un palier et amène d’autres commandes prestigieuses. »
Dix métiers en un

Tahar Rahim ©Valentin Le Cron
Mais ce n’est pas parce que Valentin enchaîne les photographies de célébrités qu’il les collectionne pour autant. Son plaisir, il le trouve autant dans l’univers feutré et confidentiel de la mode que dans des séries photographiques plus personnelles, comme celle qu’il a initié depuis quelques années avec l’association de danse country des « Coyotes » de Longny-au-Perche qu’il suit sur leurs prestations et événements. « La photo de reportage m’a toujours vraiment intéressé. C’était finalement ce que je faisais déjà à l’adolescence au skatepark. »

Bad Bunny ©Valentin Le Cron
À son compte, le photographe vit toujours à 100 à l’heure entre le bar à vins de Mortagne et son travail à Paris, ses commandes et sa présence sur les réseaux sociaux, indispensable dans un métier où l’image est primordiale. « Photographe, c’est une activité finalement pas si éloignée de la restauration et du commerce : il faut être sympa, serviable, efficace et savoir faire 10 métiers en même temps. C’est aussi ce qui est passionnant. »
Pratique @valentinlecron / Site : www.valentinlecron.com
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