Fatou Gosselin a 64 ans. À l’âge de 50 ans, elle reçoit dans sa boîte aux lettres une enveloppe bleue, envoyée par sa caisse primaire d’assurance maladie. À l’intérieur, une recommandation de dépistage du cancer colorectal. « Quand j’ai ouvert l’enveloppe je me suis dit, “je suis en bonne santé, je ne vais pas aller chercher de nouvelles histoires” », témoigne-t-elle.
S’en suivent des discussions avec son médecin traitant qui l’incite à effectuer ce dépistage. Elle réalise alors le protocole médical recommandé : un test, tous les deux ans, dès 50 ans. Pendant plusieurs années, pas de traces visibles de sang dans les selles. « À un moment donné, je me suis même dit que j’allais arrêter de me dépister », confie Fatou Gosselin. Jusqu’au jour où le test se révèle positif. Une fois encore, la mère de trois enfants hésite à passer à l’étape suivante : la coloscopie. « J’avais peur, raconte-t-elle, mais j’ai pensé à mes enfants. »
« Mes polypes auraient pu être cancérigènes »
Le résultat tombe : un polype – une lésion potentiellement précancéreuse ou cancéreuse – a été trouvé pendant la coloscopie puis ablatée durant l’examen. Depuis ce jour, Fatou Gosselin réalise régulièrement des coloscopies : « Dernièrement, ils ont retrouvé deux nouveaux polypes. » Présente aux côtés de l’association CRCDC, celle qui a aujourd’hui plus de 60 ans insiste sur l’importance du dépistage du cancer colorectal, au même titre que les mammographies ou le frottis du col de l’utérus. « Comme beaucoup de femmes, je faisais des mammographies mais pas de dépistage du cancer colorectal. Pourtant, mes polypes auraient pu être cancérigènes si on ne me les avait pas enlevés », conclut-elle.