Lancée en octobre 2018, la double-sonde européo-japonaise BepiColombo a entamé la semaine dernière son approche à haut risque vers sa destination finale, la plus petite planète du système solaire : Mercure.

La consécration après des années d’attente. La semaine dernière, BepiColombo, une double-sonde de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’Agence spatiale japonaise (Jaxa), a amorcé la phase finale de son approche de Mercure.

Lancé en octobre 2018, l’engin de quatre tonnes a dû effectuer un parcours de plus de 10 milliards de kilomètres et neuf survols de planètes pour ajuster sa vitesse et sa trajectoire afin d’approcher la planète la plus proche du Soleil.

Désormais, pendant plusieurs mois, BepiColombo va effectuer plusieurs opérations «à haut risque» dans l’environnement extrême de la planète, soumise à des températures allant de -180 à 450°C et à des rayonnements solaires intenses, pour réussir son insertion orbitale.

Une première opération réussie…

Jeudi dernier, comme espéré, une première étape cruciale a été franchie avec la séparation des deux sondes, qui ont voyagé ensemble, du module de transfert qui les avait propulsées jusque-là.

Mercury Transfer Module separation confirmed! 📡 ✅ 

After nearly eight years in space and billions of kilometres travelled, #BepiColombo‘s Mercury Transfer Module has successfully separated.

Signal acquired via our Cebreros deep-space antenna confirms the spacecraft is healthy… pic.twitter.com/es5v8DqpAT

— European Space Agency (@esa) September 3, 2026

Le véhicule a procédé de manière autonome à la découpe des quatre pieds mécaniques qui reliaient les orbiteurs au module de transfert. Un mécanisme à ressort a ensuite poussé doucement les deux sondes à distance.

La séparation s’est déroulée au rythme de «40 cm par seconde, laissant les deux entités relativement proches au regard de l’immensité de l’espace», a commenté Geraint Jones, chef de projet scientifique de la mission auprès de l’AFP.

… Avant le début de l’exploration

Les deux sondes doivent désormais entrer dans l’orbite de Mercure le 21 novembre, avant une nouvelle phase délicate les 9 et 10 décembre avec leur séparation pour rejoindre leurs orbites respectives.

A partir d’avril 2027, la sonde MPO (Mercury Planet Orbiter) de l’ESA) doit l’étudier avec une précision inégalée, la frôlant à seulement 480 km de sa surface, alors que la sonde Mio (Mercury Magnetospheric Orbiter) de la Jaxa s’intéressera, elle, à son environnement spatial et notamment à son champ magnétique, en suivant une orbite elliptique s’éloignant jusqu’à 11.000 km.

Avec ses seize instruments pour un budget de 1,7 milliard d’euros, la mission pourra alors «offrir à l’humanité et à la communauté scientifique des vues inédites de Mercure et ouvrir un nouveau chapitre dans notre compréhension du Système solaire», s’est enthousiasmée Santa Martinez, responsable de la mission BepiColombo à l’ESA.