Ce samedi 28 février, Nikos Aliagas a donné le coup d’envoi de la saison 15 de The Voice sur TF1. Gros Monsieur, 34 ans, a été le premier à se lancer pour les auditions à l’aveugle. Avec sa reprise de la chanson Riez de Stromae, le candidat originaire de Sainte-Colombe-sur-Gand a convaincu les quatre coachs. Mais c’est Amel Bent qui a réussi à le convaincre de rejoindre son équipe. Dans son portrait, Gros Monsieur a révélé avoir souffert de violentes moqueries sur son poids pendant son enfance. Dans une interview accordée à Télé-Loisirs, il se confie sur cette période difficile de sa vie.
The Voice 2026 : Gros Monsieur revient sur un « bug » pendant son audition à l’aveugle
Télé-Loisirs : Pourquoi avoir choisi la chanson Riez de Stromae pour votre audition à l’aveugle ?
Gros Monsieur : Stromae fait partie de mon ADN musical. C’est vraiment un artiste que je respecte énormément parce qu’il arrive à faire quelque chose de génial : il peut nous ambiancer tout en nous parlant de sujets lourds. Et je trouve que c’est extrêmement important de pouvoir développer quelque chose de profond tout en étant dans une musique qui donne quand même envie de danser. Cette chanson-là en particulier, elle raisonne beaucoup avec mon histoire personnelle parce qu’en tant que Gros Monsieur, j’ai beaucoup été raillé dans ma vie. On s’est moqué de mon physique, on s’est moqué de mes aptitudes à devenir musicien, on s’est moqué de ma tendance à être un rêveur. Cette chanson, c’est presque une chanson que j’aurais rêvé d’écrire. Tellement elle me parle à plein d’endroits.
Comment vous sentiez-vous avant votre passage sur scène ?
Si on avait cherché la définition du stress dans le dictionnaire, on aurait vu ma photo à ce moment-là. On passe beaucoup de temps à travailler, à faire en sorte que ça se passe bien, sauf qu’on arrive sur le plateau et on a 1 minute 30 pour raconter notre histoire. C’est un des plus beaux jours de ma vie, mais c’est tellement intense que juste avant de monter sur scène, j’ai eu du mal à réaliser ce qui se passait, où j’étais, ce qu’il fallait que je fasse. J’avais juste le cœur qui battait plus fort que jamais dans toute ma vie.
Est-ce que tout s’est passé comme prévu pendant votre audition à l’aveugle ?
J’ai eu un bug de texte à un moment donné. Mais je ne sais pas si ça se voit. Ça m’a rappelé qu’on a le droit à l’erreur. Pendant les auditions, je n’ai pas compris au fur et à mesure qu’ils se retournaient. Moi, j’étais sur scène en train de jouer pour le public. C’était juste un moment de pur partage et de joie pour moi.
Pourquoi avoir choisi Amel Bent comme coach ?
Je savais déjà que je voulais aller chez Amel Bent. Pour plein de raisons, mais surtout parce qu’elle apportait un message que je trouve être cohérent avec ce que je raconte. Et parce que je trouve qu’elle a une énergie… Les quatre coachs sont extraordinaires, j’aime la musique des quatre, mais Amel Bent, elle a une énergie qui, je trouve, ressemble à la mienne un peu.
Aimeriez-vous avoir l’occasion de chanter une de vos compositions dans The Voice ?
C’est mon rêve absolu. Chanter une chanson à moi, que j’ai écrite, et arrangée avec les musiciens de The Voice sur le plateau qui est comme une maison pour moi, parce que je me sens extrêmement bien sur ce plateau, c’est le rêve absolu. J’aimerais que cette interview soit lue par les gens qui décident parce que vraiment, c’est mon rêve absolu de chanter une chanson à moi sur le plateau.
Gros Monsieur (The Voice) se confie sur les moqueries à cause de son poids : « On m’a dit : ‘T’es chanteur, tu ne peux pas être gros' »
Quelle est l’origine de Gros Monsieur, votre nom d’artiste ?
C’est parce que j’ai des amis qui m’appellent Gros Monsieur. Comme c’est un peu mon surnom, du coup, je trouvais ça assez naturel. Gros Monsieur, c’est une version de moi qui assume plus et qui me permet de plus accepter qui je suis pour de vrai. Et c’est une version de moi que j’aime bien.
Dans votre portait, vous dites que vous avez grandi « dans un monde où les garçons ne pleurent pas »…
J’ai grandi en banlieue de Lyon. Mes parents m’ont couvert d’amour et ils ont toujours fait en sorte que j’accepte qui je suis. Ça n’a jamais été mon père ou ma maman qui m’ont dit que les garçons ne pleurent pas. C’était plutôt l’univers à l’extérieur. J’aimais bien le rugby quand j’étais petit, mais je n’ai pas pu en faire beaucoup parce que j’étais sensible et qu’on me disait que j’étais une fillette. En plus, le petit gros qui est une fillette, ça ne marche pas.
Vous avez aussi évoqué vos souffrances à cause de votre poids…
Fin primaire et collège, c’est là où ça a été le plus dur, parce qu’après, on commence à s’accepter. Mais à ce moment-là, on est défini par ça. Les gens nous voient comme le gros ou la grosse. C’est celui qui sera toujours le bon copain. C’est celui qui se tâche. C’est celui qui est gauche. C’est celui qui n’est pas délicat… On m’a donné tous les surnoms. Je n’ai pas envie de les redire parce que ce ne sont pas des jolis mots, mais on m’a donné tous les surnoms qu’on donne aux personnes qui sont grosses. J’ai dû subir plus jeune une cruauté très forte du fait d’être en surpoids. Quand les gens autour de nous nous définissent exclusivement comme ça, on a des difficultés à s’accepter.
Votre poids a-t-il déjà été un frein pour faire carrière dans la musique ?
J’ai déjà entendu des réflexions mais au-delà de ma santé. Ce n’était pas bienveillant, c’était en mode : « T’es chanteur, tu ne peux pas être gros, tu ne peux pas transpirer ». Et encore, je suis un garçon, c’est pire avec les femmes. Il faut se dire que les chanteuses et les musiciennes de manière générale, elles ramassent encore plus sur leur poids que moi en tant que garçon. On tolère encore plus les garçons en surpoids que les filles en surpoids. Mais en tant que garçon, j’ai quand même le droit à des réflexions. Je pense notamment à un chef d’orchestre qui m’a dit qu’il fallait que je perde du poids parce que ça ne fait pas rêver un chanteur gros.
Tayc a remarqué qu’il y avait de la « colère » dans votre prestation, êtes-vous en colère ?
Avant ce moment-là, j’aurais dit que non, mais je crois que j’ai de la colère en moi. Et je crois que le fait que je l’accepte, ce n’est pas quelque chose de malsain. Je pense que j’ai une colère saine en moi qui est liée au fait qu’on m’a trop muselé et que maintenant que je peux m’exprimer, je peux porter ce message-là. J’ai le sentiment que la colère qui est en moi, c’est une colère qui peut être utile et qui peut être sublimée justement par les propositions artistiques que je peux faire.
Est-ce que ça arrive encore aujourd’hui, les moqueries ?
Non, ça n’arrive plus maintenant. Parce que j’assume tellement qui je suis et je suis tellement bien dans ma peau que je suis blindé. Il y a un truc où je suis tellement bien dans ma peau et on est à des âges où les gens qui m’entourent, on a tous vécu le fait qu’on se moque de soi. Parce que finalement, tout le monde se moque de tout le monde. Maintenant, je ne suis entouré que de gens qui sont dans l’amour. Et le fait que je porte le nom de Gros Monsieur, ça fait que les gens ont compris que c’était quelque chose qui n’était pas négatif pour moi.