Un coup d’essai transformé en coup de maître par celui qui découvrait l’épreuve.
Mathieu, Tim Van Dijke (2e), qui vous a accompagné sur le podium après avoir tenu longtemps votre roue dans la finale, est l’un de vos compagnons d’entraînement occasionnels et s’est encore dit impressionné par les efforts que vous étiez capable de livrer dans votre préparation. La clé de ce début en fanfare tient-elle dans ce boulot hivernal ?
C’est vrai que nous nous entraînons dur, mais je crois que c’est vrai pour de nombreux gars du peloton. J’ai toujours aimé le processus de préparation vers les premières courses, sentir que votre forme grandit. En vieillissant, bien sûr, le moteur devient plus grand comme on dit dans le jargon, et on peut alors s’entraîner de plus en plus fort. Je ne crois plus que c’est un secret, j’aime passer de longues et exigeantes journées sur le vélo à l’entraînement (rires)… »
A maintenant 31 ans, avez-vous le sentiment de continuer à vous améliorer, de gagner en endurance apr exemple ?
Oui, je pense bien. Mais c’est aussi lié à la manière dont j’ai évolué dans mes entraînements car les choses changent un peu dans le cyclisme. Quand je vois le volume qu’avalent des 19 ou 20 ans maintenant, je n’en faisais clairement pas autant au même âge. Cela explique pourquoi j’ai encore une certaine marge. Je ne vois pas cela se produire avec la nouvelle génération. Si tu t’entraînes déjà 30 heures en tant que junior, c’est plus difficile de franchir des paliers quand tu vieillis. Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose, mais c’est juste différent de quand moi j’avais la vingtaine…
Pouvez-vous nous dire comment vous avez-vous réussi à éviter la chute dans le Molenberg puisque Rick Pluimers (Tudor) est vraiment tombé juste devant vous ?
Je n’en ai aucune idée et c’est assez incroyable pour tout vous avouer. Mon expérience de crossman a, je pense, été déterminante. Mais dans un moment pareil, on n’a clairement pas le temps de penser à ce que l’on fait, tout se joue en une fraction de seconde sur l’instinct… Je savais que le Molenberg était un moment potentiellement décisif dans la course et j’étais donc extrêmement attentif. Cette vigilence a aussi, je crois, joué à mon avantage dans cette manœuvre. J’ai tout fait pour éviter la tête du gars de chez Tudor et ne pas lui rouler dessus… Il s’est cassé les dents en tombant sur le pavé ? Et bien j’espère alors que le dentiste pourra réparer ça.
Cet incident a peut être été le tournant de la course non ?
Oui c’est vrai car beaucoup de gars ont perdu pas mal de vitesse et il est difficile de se relancer dans une montée sévère comme le Molenberg…
guillement
Kuurne? On décidera ce samedi soir…
Avez-vous aimé votre première expérience sur le Nieuwsblad ?
Oui, même si je pensais que la météo serait moins mauvaise. Il faisait froid avec cette pluie et le vent, mais nous avions mis sur pied une bonne stratégie au niveau des vêtements avec l’équipe et je n’ai pas vraiment souffert des conditions sur mon vélo. Pour ce qui est purement de la course, j’ai aimé la manière dont cela s’est couru. Il faut dire que des montées comme le Mur de Grammont ou le Bosberg me conviennent bien.
Kuurne-Bruxelles-Kuurne ne figure pas encore à votre palmarès. Avez-vpous prévu de vous y aligner ce dimanche ?
On doit en discuter avec le management de l’équipe et mon entraîneur, c’est prévu pour ce samedi soir à l’hôtel. Ce n’était pas une course facile aujourd’hui, mais je suis senti bien. On verra donc quel choix nous posons pour la suite…