Il y en a qui se déguisent, qui paradent, qui font le tour des bars ou la fête jusqu’au bout de la nuit. Très peu du goût de la renommée École nationale supérieure des Arts et métiers (Ensam) de Metz : en son sein, le week-end d’intégration des nouveaux étudiants se doit d’être civique. Un « bizutage » orchestré par l’association étudiante GaSole, qui entend ainsi transmettre des valeurs solidaires, citoyennes et écologiques.
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« Ne pas être simplement usager mais aussi acteur engagé »
« Depuis dix ans, nous organisons des chantiers solidaires pour le week-end d’intégration des étudiants qui entrent en première année », explique Éléonore Delplanque, vice-présidente. L’objectif est double : souder la nouvelle promotion tout en réalisant des actions d’utilité publique. Cette année, ils étaient ainsi plus de 180 à œuvrer, samedi et dimanche, aux abords de la rue de Stoxey, dans le quartier de Bellecroix. « On leur a donné rendez-vous à 7 h du matin, sans trop leur expliquer ce qui les attendait », sourit Florentine Meunier, l’une des encadrantes de l’association étudiante.
Vêtus de bleus de travail – leur tenue de travaux pratiques –, les futurs ingénieurs ont dû rapidement mettre la main à la pâte, sous l’œil des étudiants de deuxième année : ils ont nettoyé puis repeint le soubassement d’un immeuble, rue de Stoxey, dans le quartier de Bellecroix. Arracher les mauvaises herbes, gratter les tags, ramasser les déchets : la tâche était ardue. « C’est la mairie de Metz qui finance le matériel et qui choisit le lieu du chantier, qui se déroule forcément dans un quartier prioritaire. 180 personnes qui travaillent pendant deux jours, c’est une grosse force de frappe, il faut donc un chantier assez conséquent », explique Éléonore Delplanque. Pendant trois demi-journées, les jeunes étudiants donnent ainsi de leur temps pour embellir un lieu de la ville qui les accueille. La dernière demi-journée est consacrée à de la sensibilisation, réalisée cette année par l’association Intemporelle , qui lutte contre l’exclusion sociale. Différents ateliers ont ainsi été proposés aux jeunes dimanche après-midi, autour de l’inclusion par le sport.
« C’est une bonne manière de créer du lien entre nous, juge Adrien, 20 ans. On sait assez peu ce qui nous attend pour ce week-end d’intégration, ça alimente la surprise. Mais l’initiative est sympa et permet de prendre pied dans la ville et le territoire, pour ne pas être simplement usager mais aussi acteur engagé. » Comme lui, beaucoup de nouveaux étudiants de l’Ensam ne sont pas originaires de la région. Nora, Sounia et Fotiha, 22 ans, arrivent du Maroc et apprécient, elles aussi, ce chantier solidaire : « Ça permet de connaître de nouvelles personnes et de découvrir la ville. » Lilian, 20 ans, est Messin, mais, même s’il connaît déjà la ville, il retire d’autres bienfaits : « On se sent utile et ça nous rapproche. Travailler tous ensemble nous met tous au même niveau ». Adjoindre l’utile à l’agréable est le credo de ce week-end d’intégration pas comme les autres, dont les étudiants retiendront : « Traditions, fraternité, souvenirs ». Car telle est leur devise.