
Par Yasmine Meziani
Publié le 07 septembre à 21h30
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Le Parti socialiste estime que les contrôles sont insuffisants au port d’Anvers, qu’il qualifie de « passoire ». Les autorités, elles, assurent que des moyens supplémentaires ont été déployés et que les saisies ont diminué. Explications avec Marwa Sebbahi et Alexandros Kiritsis.
Les autorités politiques chargées de la gestion du port d’Anvers sont-elles trop laxistes face au trafic de stupéfiants ? Le Parti socialiste le suggère fortement. Après le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine, c’est le ministre bruxellois Ahmed Laaouej qui estimait, ce lundi, que les mesures actuelles sont insuffisantes pour empêcher l’entrée de drogue en Belgique.
Un container sur 40 controlé ?
Pour le Parti socialiste, le port d’Anvers est une « passoire » face au narcotrafic. Ahmed Laaouej, ministre bruxellois des Pouvoirs locaux, pointe du doigt une absence de volonté politique. « Nous avons eu, ces 10 dernières années ou ces 15 dernières années, plusieurs ministres N-VA des Finances. On n’a pas arrêté, je renvoie aux travaux parlementaires, on n’a pas arrêté de leur demander de contrôler davantage les containers qui rentrent à Anvers. C’est complètement ridicule, c’est un container sur 40 qui est contrôlé ».
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Pourtant, 75 millions d’euros ont bel et bien été investis par le fédéral dans des capacités de contrôle supplémentaires, comme des scanners mobiles. En deux ans, le nombre de containers scannés a doublé pour atteindre les 72.000 par an à Anvers.
Kristian Vanderwaeren, l’administrateur général de la douane belge trouve le conseil du ministre bruxellois injuste et ses chiffres incorrects : « On peut toujours faire mieux, mais dire qu’on n’a pas fait notre boulot, là je trouve quand même, c’est un peu injuste. On voit que les saisies ont diminué fortement et c’est grâce aux efforts qui ont été faits par la douane, la police et justice financées par le gouvernement et les gouvernements précédents ».
La « Antwerp Connection » en cause ?
De son côté, le bourgmestre socialiste de Charleroi, Thomas Dermine, désigne plutôt un groupe d’hommes et de femmes politiques anversois, comme fautif. Sur Instagram, il a affirmé : « Pourquoi monsieur Jambon, qui a la responsabilité des douanes, ne multiplie pas les contrôles ? Pourquoi madame Verlinden, qui s’occupe de la police judiciaire fédérale, ne met pas des efforts particuliers sur Anvers ? Pourquoi monsieur De Wever, enfin, qui est le Premier ministre, ne s’en saisit pas pour en faire une urgence nationale ? La réponse, elle est super simple, c’est qu’en fait, ils sont tous les trois anversois. C’est la Antwerp Connection ! ». Pour ce trio, l’intérêt économique du port d’Anvers l’emporterait sur le renforcement de sa sécurité. Si Jan Jambon et Bart De Wever n’ont pas souhaité répondre à nos questions, la ministre fédérale de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), rejette ces accusations. « Déjà sous la législature précédente, et le PS s’en souvient très bien, la lutte contre la criminalité organisée avait été considérablement intensifiée. Nous avions notamment investi dans la police fédérale de la navigation et dans un corps de sécurisation portuaire à Anvers. Le fait de chercher une polarisation communautaire entre Bruxelles et Anvers n’aidant rien à résoudre les problèmes ».
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Dès 2027, un parquet portuaire chargé de lutter contre le narcotrafic dans le port d’Anvers verra le jour.

