Le métro bruxellois a enregistré 4,7 milliards de voyages depuis sa création
Le métro fête donc son demi-siècle et de nouveaux investissements ?
Oui car les anciennes rames de métro sont là depuis 50 ans. Le 20 septembre prochain, une des célébrations consistera d’ailleurs à parcourir le premier tracé, de De Brouckère vers Delta, dans une rame d’origine. Vous savez, ces rames orange qui circulent toujours. Nous en avons commandé de nouvelles plus modernes pour envoyer ces rames orange, devenues nostalgiques, à une retraite bien méritée. Nous continuons aussi à investir dans les stations afin qu’elles soient propres, sûres, belles et agréables. Il faut les rendre accessibles, notamment grâce aux ascenseurs. C’est un investissement continu pour offrir un transport en commun de qualité aux Bruxellois.
A contrario, le projet métro 3, mis à l’arrêt, représente un échec…
La mise en pause de ce projet me fait mal au cœur. Car le nouveau tracé (qui doit relier Bordet à Albert en vingt minutes via le centre-ville, NdlR) est important pour les Bruxellois : notamment les habitants de Schaerbeek ou d’Evere qui utilisent des lignes de tram bondées. J’espère évidemment qu’un jour nous pourrons reprendre le projet. Mais, pour l’instant, la situation budgétaire nous paralyse. La résilience de Bruxelles dépend aussi d’un budget en ordre. Je défends les choix que nous avons faits, même s’ils sont difficiles.
Que va devenir le chantier en cours ?
Nous allons le finaliser. Le tunnel déjà creusé pourrait être utilisé par des trams; ce qui augmenterait déjà l’offre, le confort et la capacité du réseau de trams sur ce tronçon. Nous allons aussi commencer les travaux d’espace public à Stalingrad afin de rendre ce quartier à nouveau pleinement accessible et agréable. Le chantier est lancé et l’entrepreneur va commencer.
Cet été, le Conseil d’État a annulé les licences d’exploitation des trottinettes et vélos partagés à Bruxelles. Il a jugé que le processus d’appel d’offres mené par la Région bruxelloise souffrait d’un manque de transparence et avait été fait dans la précipitation. Comment analysez-vous cette décision qui va à l’encontre de ce que le gouvernement avait planifié ?
Je défendrai toujours le fait que, même lorsqu’un juge prend une décision qui ne vous plaît pas, vous devez la respecter en tant que responsable politique. Il en va de l’État de droit.
Ce que nous avons trouvé dommage, c’est que nous avions demandé au Conseil d’État de permettre une phase transitoire dans sa décision. Beaucoup de gens utilisent les vélos et les trottinettes partagés. Si nous avions appliqué la décision du Conseil d’État directement, qui était d’annuler toutes les licences dès le 1er septembre, il n’y aurait plus eu aucune offre dans les rues du jour au lendemain. Ce n’était la volonté ni des opérateurs, ni des utilisateurs, ni du politique.
Qu’en est-il donc concrètement ?
J’ai rencontré tous les opérateurs pour entendre leurs enjeux et trouver un équilibre. Ils demandaient une phase de transition pour éviter une période sans offre. Jusqu’au 1er janvier 2027, il y aura donc des vélos partagés et des trottinettes électriques. Après cette date, les trottinettes disparaîtront. Mais un régime transitoire sera appliqué jusqu’en mai 2028. Durant celui-ci, la limite actuelle de trois opérateurs pour les vélos sera supprimée : d’autres opérateurs pourront revenir ou s’installer à Bruxelles. Ils pourront proposer chacun 2 500 vélos sur le marché. Cela devrait compenser la disparition des trottinettes électriques.
D’autres scénarios sont-ils envisageables ?
Nous travaillons aussi sur un autre système qui n’ouvrirait le marché qu’à deux opérateurs, avec un maximum de 4 800 vélos par opérateur. Il a déjà été approuvé par le Conseil d’État, et permet de réduire le nombre d’applications différentes pour les utilisateurs. Ce qui est aussi une question de rentabilité pour les opérateurs.
Est-ce que l’offre Villo, qui lie la Région au groupe industriel JCDecaux, sera maintenue ?
D’ici à 2028, oui. Mais nous allons lancer un appel à candidatures. L’objectif est de conserver un système abordable, qui permet, pour 35 euros, d’utiliser des vélos toute l’année, avec également une tarification par demi-heure. C’est une offre très bon marché, particulièrement utile pour les personnes qui n’ont pas la place de garer leur propre vélo à leur domicile.
Le principal frein actuel est le poids des vélos, qui les rend moins attractifs. Les vélos électriques sont beaucoup plus confortables. J’ai visité plusieurs systèmes européens et la qualité du système détermine sa popularité. Je tiens à offrir aux Bruxellois un bon système de vélos partagés.
L’Horeca dénonce le prix des stationnements à Bruxelles : « On meurt à la pelle »
La Semaine de la mobilité aura lieu du 16 au 22 septembre. Quels seront les points sur lesquels vous voudriez insister ?
La philosophie de la Semaine de la mobilité, c’est simplement d’essayer. Je dis souvent : essayez d’aller au travail à vélo pendant deux semaines et voyez l’effet sur votre humeur. Personnellement, même quinze minutes de vélo me font passer d’une mauvaise humeur à une bonne humeur. Marcher davantage est également bon pour la santé physique et mentale.
Il ne faut pas tout changer d’un coup : il suffit d’essayer, de voir ce que cela donne. Peut-être que cela vous séduira et vous donnera envie de vous déplacer autrement.