Un test qui traîne et c’est toute une chaîne de contacts qui échappe au radar sanitaire. Un adolescent franco-argentin, en vacances entre la France et l’Espagne, s’est présenté le 23 juillet dernier au CHU de Limoges (Haute-Vienne). Il souffrait d’une fatigue intense et avait brièvement perdu connaissance, révèle France Inter. Les médecins lui ont prescrit un test PCR pour rechercher plusieurs virus, dont l’hantavirus des Andes.
Problème : pendant les deux semaines nécessaires pour obtenir le résultat, l’adolescent, non isolé, a continué son voyage en Normandie, rendu visite à ses proches, avant de rejoindre l’Espagne. Le test est finalement revenu positif le 5 août. « La sérologie initiale ne permettait pas d’assurer à elle seule le diagnostic », a justifié Didier Lepelletier, directeur général de la Santé, évoquant la nécessité d’une validation par le centre national de référence.
45 personnes confinées à domicile
Une fois le diagnostic confirmé, les autorités ont identifié 45 cas contact « à haut risque », parmi lesquelles des proches du jeune homme et des soignants l’ayant pris en charge. Toutes ont dû rester confinées à domicile. Le grand-père de l’adolescent, âgé de 85 ans et atteint d’une maladie neurodégénérative, a ainsi été séparé pendant dix jours de son épouse, qui lui rendait visite chaque jour à l’Ehpad.
Dix membres du personnel du CHU de Limoges se sont eux aussi retrouvés confinés en pleine canicule, précise Franceinfo. Quatre infirmières ont dû être remplacées en urgence. Selon ici Limousin, 150 personnes supplémentaires ont vu leurs déplacements interdits, tandis que 250 autres, voyageurs en train ou en avion ainsi que personnel naviguant de la SNCF, ont simplement été invités à s’auto-surveiller.
Un diagnostic aujourd’hui contesté
Les personnes confinées ont depuis été déconfinées, mais certaines ont dû assumer des pertes financières liées à leur isolement. Les salariés concernés attendent toujours un document de l’Assurance maladie à présenter à leur employeur. L’État n’aurait répondu à aucune de leurs demandes d’aide.
Le diagnostic lui-même est aujourd’hui remis en cause. De retour en Argentine, l’adolescent a été retesté par l’Institut Malbran, l’équivalent local de l’Institut Pasteur : les biologistes argentins n’ont détecté aucun anticorps dans son sang et estiment qu’il n’aurait pas eu l’hantavirus. En France, l’Institut Pasteur avance de son côté l’hypothèse d’une « virémie transitoire », qui pourrait expliquer un test PCR positif sans production d’anticorps détectables.