Dès les premiers pas dans le Modern, l’ampleur de la tâche saute aux yeux. Dans la salle principale, tous les décors sont en cours de rénovation. « Le classement porte sur l’entièreté du bâtiment et son contenu. Même les meubles », rappelle Marie Henriet, responsable du service travaux. Tout est donc strictement encadré, et discuté avec l’Agence wallonne du Patrimoine (AWaP). Le long des murs, les ouvriers grattent minutieusement, à la main, le bois des banquettes. « Ils ont eu l’autorisation de faire de l’aérogommage, comme du sablage mais avec de la farine, dans les endroits trop compliqués à atteindre. »
Une rénovation à plus de 4 millions d’euros : « Le Modern peut faire rayonner Soignies bien au-delà de nos frontières, j’en suis persuadée »
Par L.T.
La toiture, fortement touchée dans l’incendie du 9 février 2024, a déjà été restaurée à l’identique par l’entreprise sonégienne Crohin pour 444.000 €. Les façades et maçonneries ont fait l’objet d’un chantier de 163.289 €. La restauration intérieure, confié à Galère, représente 3.255.876 €. Deux avenants de 95.000 et 11.000 € ont également été nécessaires après la découverte du problème de stabilité. À cela s’ajoute encore la cuisine professionnelle, pour laquelle un marché de 193.000 € doit être soumis au conseil communal de ce mois de septembre.
Au total, l’investissement s’élève à 4,187 millions d’euros, dont 2,662 millions couverts par des subsides européens et régionaux.
Une somme importante, reconnaît Fabienne Winckel, mais que la bourgmestre considère comme un investissement pour Soignies. « On est persuadés que ça en vaut la peine. Ce serait triste d’avoir un bâtiment de ce charme-là inaccessible au public, voire perdu. Les gens peuvent venir à Soignies en train, manger un bout ici au Modern, découvrir ce patrimoine, mais aussi aller boire un verre dans un autre établissement, découvrir la ville et aller chez nos commerçants. Il peut faire rayonner Soignies bien au-delà de nos frontières, j’en suis persuadée. »
Un chantier qui permet aussi à des artisans spécialisés dans des techniques très précises de rénovation d’exercer leur savoir-faire. Les travaux doivent se poursuivre jusqu’en septembre 2027. Les démarches pour désigner le futur exploitant doivent, elles, débuter dans la première partie de 2027. La Ville se fixe désormais comme objectif une ouverture de la brasserie du Modern pour la fin de l’année 2028.