Une saison financièrement difficile à prévoir pour les agriculteurs

Par L.VG.

Pour les agriculteurs, l’année sera financièrement compliquée. Les contrats ont été signés en février, avant la canicule, dans un contexte de surproduction. « Les prix ont été à la baisse. Les fermiers seront impactés maintenant, puisqu’on a fait des contrats à petits prix… et nous n’aurons pas les kilos demandés », annonce Thierry Beaucarne, agriculteur bio à Luingne. Beaucoup devront utiliser leur part non contractée pour remplir les volumes promis : « Toute la production va partir pour remplir les contrats au petit prix », ajoute-t-il.

Cette année, les petits calibres seront particulièrement nombreux, et ce point pèse lourd dans les comptes des agriculteurs. Dans la filière, les usines ne rémunèrent pas les pommes de terre en dessous du calibrage prévu par les contrats : « D’habitude, ils ne payent pas les pommes de terre plus petites que 30 mm… voire 35 mm dans certains contrats », précise Thierry. Une règle qui prend une ampleur inédite cette saison : « S’ils ne les payent pas, ça sera une grande partie de la récolte où nous ne serons pas rémunérés », résume l’agriculteur luingnois.

Contrat à négocier

Thierry Beaucarne espère un changement en 2027 : « Les fermiers ne vont pas accepter une baisse. Augmenter, il n’y a que cette solution-là. » Avec l’inflation, il juge impossible de reconduire les tarifs actuels : « L’année prochaine, je ne signerai pas de contrat au même prix que cette année », annonce l’agriculteur. Malgré une saison éprouvante, Thierry Beaucarne refuse de céder au catastrophisme. Pour lui, cette année met surtout en lumière la nécessité d’adapter les pratiques agricoles à des conditions climatiques plus extrêmes.

L’agriculteur évoque une évolution inévitable du métier : revoir les variétés, ajuster les dates de plantation, repenser l’organisation des cultures. « Ce n’est pas parce qu’il y a une année difficile qu’on ne va plus manger l’année prochaine », rassure Thierry Beaucarne. Une transition qui s’imposera progressivement, mais qui sera déterminante pour maintenir la production dans un contexte de chaleur plus fréquente et de rendements plus incertains.