En tant que maman ayant perdu son enfant, c’est très compliqué. C’est invivable pour moi en ce moment parce que je me retrouve toute seule du jour au lendemain, sans mon petit garçon, sans avoir une vie dans la maison. Je n’ai personne d’autre pour le remplacer. Ce qui a été fait est impardonnable. On m’a enlevé ma moitié, on m’a enlevé ce qui était le plus cher et le plus précieux à mes yeux.

Parce que je me pose énormément de questions.

Par exemple, pourquoi l’agent de probation ne m’a pas contactée ? S’il a essayé de contacter Bryan, pourquoi ne m’a-t-il pas contactée moi ?

Voilà, c’est ça. Il devait rentrer dans la maison pour une certaine heure. Et si lui n’est pas joignable, la prochaine personne sur la liste, c’était moi. Et moi, je n’ai eu aucun appel de l’agent de probation.

Vous pensez que ces premières heures auraient pu être décisives ?

Bien sûr.

Avez-vous une intime conviction, Tina ? Est-ce que vous vous expliquez ce qui s’est passé ce 27 juin dernier ?

Je ne peux pas dire exactement ce qui s’est passé. Parce que moi, j’ai passé ma journée au travail. Et l’impossible est arrivé.

Les enquêteurs travaillent en ce moment sur la piste de l’accident selon laquelle Tyméo serait décédé à l’intérieur de la voiture de Bryan, qu’il aurait suffoqué en raison de la chaleur. Est-ce que vous y croyez ?

Bien sûr que non, je n’y crois pas. Un enfant de 5 ans, comme tout autre enfant, va sortir d’une voiture, se détacher et peut appeler les secours ou crier à l’aide dans n’importe quelles circonstances. Il peut déverrouiller une voiture. Non, je n’y crois pas du tout.

Avez-vous envisagé un moment que Bryan aurait pu s’en prendre à votre fils ?

Jamais de la vie. Jamais il n’aurait pu s’en prendre à son enfant. C’était son dieu, son doudou, son fils. C’était sa moitié aussi.

Qu’est-ce que vous savez aujourd’hui de l’évolution de l’enquête, de l’avancement de l’enquête ? Est-ce que vous êtes tenue au courant des avancements récents ?

Tenue au courant, non, on n’a aucune information. Honnêtement, on doit chaque fois poser des questions, on doit toujours prendre contact avec l’un ou avec l’autre pour en savoir un peu plus. Mon entourage me pose des questions. Ma seule réponse depuis deux mois est : « je ne sais pas ».

Est-ce que c’est votre plus grande crainte, de ne jamais savoir ce qui s’est passé ?

J’aimerais bien connaître vraiment le fin fond de cette histoire, ce qui s’est réellement passé et qu’on puisse retrouver le ou les personnes qui ont réussi à faire du mal à mon fils ainsi qu’à son papa.

Une autre piste circule : celle du milieu de la drogue. On sait que Bryan consommait de la drogue. Est-ce que vous penchez également pour cette piste ? Vous y croyez ?

Je peux ne pas y croire et je peux y croire aussi. Ce qui se passe, c’est que Bryan était quelqu’un de très gentil, mais il pouvait très vite s’énerver s’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans son sens.

Il y a quand même cet élément troublant, la découverte des deux corps, de part et d’autre de la chaussée. C‘est quelque chose qui vous perturbe aujourd’hui ?

Oui, c’est quelque chose qui me perturbe parce qu’apparemment, un appel anonyme aurait été reçu à la police. On ne sait pas qui est à l’origine de cet appel, on ne sait rien à ce sujet.

Vous êtes dans l’expectative ?

Voilà, c’est ça. J’ai l’impression d’être spectatrice d‘une mise en scène et que je ne sais pas expliquer certaines choses, que je pose des questions, qu’on est toujours sans réponse et que j’aimerais bien que ça s’accélère un peu plus parce que j’ai beaucoup demandé des choses dès le départ de leur disparition qui n’ont pas été prises en compte. Et l’affaire traîne.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ce soir, Tina ?

C’est qu’on me retrouve les victimes (sic). Les personnes qui ont fait du mal à mon fils ainsi qu’à son papa et que ces personnes payent toute leur vie.

Merci, Tina, d’avoir répondu à nos questions.

Merci à vous.