Lorsque l’on se rend au Santiago Bernabeu en tant que visiteur européen, on se doit d’évoluer de manière irréprochable pour résister à l’aura qui entoure ces soirées. L’animation sur les écrans géants pour rappeler les quinze coupes aux grandes oreilles qui garnissent le musée en rajoute une couche. Comme les trophées de meilleur buteur et meilleur espoir de l’édition 2025-2026 remis à Kylian Mbappé et Arda Güler juste avant le coup d’envoi.

Bisseck et Martinez se trouent

Sauf que cette pression s’est avérée trop pesante. En tout cas pour deux Nerazzuri : Yann Bisseck et Josep Martinez. Si Lautaro Martinez, Marcus Thuram puis Hakan Calhanoglu – plus habitués à ce genre de soirée – ont rapidement poussé Thibaut Courtois à sortir le grand jeu (3e, 13e et 16e), leurs deux coéquipiers se souviendront longtemps de leur boulette respective.

Bisseck, au centre de la défense de Chivu, a été le premier à se faire cuisiner. Une perte de balle plein axe qui a permis à Brahim Diaz de trouver Kylian Mbappé qui n’avait plus qu’à ajuster Josep Martinez (14e : 1-0). Ce dernier, promu numéro un de l’Inter après le départ de Yann Sommer (pour le Club Bruges), voulait particulièrement briller à Madrid, en tant que gardien espagnol formé au FC Barcelone. Sauf que sa polpette était encore plus copieuse et piquante.

Plutôt que de dégager un ballon en retrait, le portier intériste s’est mis en tête de tenter un dribble devant Federico Valverde. Le capitaine madrilène n’en demandait pas tant (23e : 2-0). Même si Josip Martinez s’est ensuite un peu racheté avec quelques arrêts décisifs (dont celui à la 67e minute face à Mbappé), et même si Carlos Augusto a relancé le suspense en fin de match (77e : 2-1), le mal était fait.

Neuf arrêts pour Courtois

Ce qui rend la cuenta de ces boulettes milanaises encore plus salée et amère, c’est que l’Inter Milan a paradoxalement regardé le Real dans les yeux durant toute la soirée. Le résultat aurait en tout cas été bien différent, sans ces deux erreurs et sans un très grand Thibaut Courtois, auteur de neuf (!) arrêts pour célébrer son centenaire. Dont sa fantastique double intervention en début de seconde période (55e), ou celle juste avant les arrêts de jeu (90e).

Le Real Madrid a aussi beaucoup gaspillé, en plus d’avoir montré pas mal de faiblesses défensives (merci Courtois). Si ce premier choc de la saison de Champions League aura été spectaculaire et très agréable à suivre, on se dit surtout que ces deux équipes ont encore pas mal de détails à régler pour tenir leur rang de favori et d’outsider.