Pendant la foire ARCOmadrid, nous avons eu la chance de visiter en avant-première le musée Sorolla, fermé depuis deux ans pour travaux. L’inauguration de son nouvel édifice est prévue d’ici l’été. Quant à la maison-atelier historique, elle ne devrait pas rouvrir avant fin 2027. Plongée dans les coulisses d’un monument espagnol.
Au 37, avenue du Général Martínez Campos, dans le quartier bourgeois de Chamberí, à Madrid, se dresse un hôtel particulier de style hispano-mauresque construit par l’architecte Enrique María de Repullés y Vargas, à la demande et sur les plans de Joaquín Sorolla. C’est là que le peintre espagnol vécut et travailla de 1911 à sa mort en 1923. Les limites fonctionnelles du site, converti en musée dans les années 1930 grâce à une donation de Clotilde García del Castillo, la veuve de l’artiste, ont entraîné sa fermeture en 2024. Il s’agit non seulement de réhabiliter la maison-atelier, mais aussi de doubler ses espaces (de 2 300 m2 à 5 100 m2). Le nouveau bâtiment, accessible depuis le 68, rue Zurbano, devrait ouvrir dans les prochains mois et l’édifice historique, d’ici fin 2027. « Tel est le scénario idéal », plaisantait Enrique Varela Agüí, le directeur de l’institution, conscient de potentiels retards.
Un nouveau bâtiment tout beau, tout neuf
Ce projet de rénovation et d’extension, financé à hauteur de 6,5 millions d’euros par le ministère de la Culture espagnol, a été confié au cabinet Nieto Sobejano Arquitectos (musée des beaux-arts de Vannes, France ; Dallas Museum of Art, États-Unis ; Museo San Telmo, Espagne…). Passé l’accueil et le vestiaire du bâtiment neuf se profilent les nouveaux espaces d’exposition à gauche et les trois salles de l’atelier historique à droite, lui-même relié à la maison et aux jardins. Les premiers ont été pensés comme le pendant des secondes : trois galeries modulables, dotées d’une hauteur sous plafond remarquable se succèdent, dont l’une coiffée par un toit en flèche. Structure en miroir : copie presque conforme, le présent répond au passé.

Vue intérieure du vestibule du musée Sorolla de Madrid. © Musée Sorolla de Madrid / Photo : Fernando Maquieira, 2026
L’extension, qui n’attend plus que d’être peuplée d’œuvres et de visiteurs, abrite un auditorium polyvalent fait pour des conférences, des projections, des concerts et pourvu d’un système de traduction simultanée ; un hall adapté à la réception de groupes et de personnes à mobilité réduite ; un atelier de restauration ; des réserves dernier cri ; une zone technique ultra-sécurisée et réservée aux mouvements d’œuvres. Un café devrait également voir le jour au sous-sol.

Vue intérieure de l’extension du musée Sorolla de Madrid. © Musée Sorolla de Madrid / Photo : Fernando Maquieira, 2026
Joaquín Sorolla, un impressionniste espagnol
19th Century European Paintings, Joaquín Sorolla
Une programmation largement enrichie
Cette refonte structurelle aura évidemment un impact sur la programmation des lieux, autrefois limitée à des concerts et conférences épisodiques. Désormais, le dernier étage du bâtiment historique, qui fut l’appartement de Joaquín Sorolla García (fils du peintre et premier directeur du musée), transformé en bureaux jusqu’en 2010, accueillera des activités pour enfants. Des contrepoints contemporains viendront se loger dans les espaces d’accueil du nouvel édifice, où l’exposition inaugurale sera par ailleurs consacrée à l’histoire de la maison-atelier de Joaquín Sorolla.

Joaquin Sorolla, Autoportrait, 1900, présenté dans l’exposition « Sorolla, maître de la lumière », Collection Bemberg, Toulouse, 2026. © Museo Sorolla
À l’horizon de 2026-2027
La restauration de la maison-atelier débutera une fois la première inauguration passée. Sols, menuiseries, façades… les travaux porteront sur la totalité du site qui n’a jamais fait l’objet d’un make-over exhaustif depuis sa création. « C’est une opération au bistouri », précisait le directeur. Les azulejos du patio sont déjà en cours de nettoyage ou, pour certains, de reconstitution. Il est bien sûr question d’une mise aux normes généralisée. Les jardins où Joaquín Sorolla, victime d’une attaque cérébrale, se retrouva partiellement paralysé, feront eux aussi l’objet d’une rénovation. Les sculptures originales des répliques exposées à l’extérieur trouveront leur place dans le parcours permanent.

Le bassin du troisième jardin de la maison-atelier de Joaquín Sorolla. Photo : © Lluis Casals
Puis, il s’agira de remplir le musée, lequel conserve 1 300 des 4 000 toiles produites par le peintre et 5 000 de ses 8 000 dessins. Fort de 350 000 visiteurs en 2024, l’institution en attend au moins autant en 2027. Pour tromper votre attente, n’hésitez pas à visiter la Fondation Bemberg, à Toulouse, qui présente cet été, en partenariat avec le ministère de la Culture espagnol, la Fundación Sorolla et le Museo Sorolla, l’exposition « Joaquín Sorolla. Maître de la lumière », du 30 avril au 13 septembre.
Museo Sorolla
P.º del Gral. Martínez Campos, 37, Chamberí, 28010 Madrid, Espagne
« Joaquín Sorolla. Maître de la lumière »
Fondation Bemberg,Place d’Assezat, 31000 Toulouse
Du 30 avril au 13 septembre