Gaëtan Willemsen

Par Gaëtan Willemsen

Publié le 09 septembre à 21h08

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Dans son ouvrage « Toxique ou pas toxique », le toxicologue Alfred Bernard met en garde contre les risques liés à l’eau du robinet, à la cuisson des frites et des viandes, ainsi qu’aux cartons alimentaires contenant des PFAS.


Le toxicologue et professeur émérite de l’UCLouvain Alfred Bernard vient de sortir un livre intitulé « Toxique ou pas toxique », paru aux éditions Racine. Il a développé certaines de ses thématiques ce mercredi soir dans le RTL info Signatures.

À commencer par l’eau du robinet. « Il faut quand même se rendre compte que cette eau n’est pas pure », explique-t-il. Ceux qui en boivent sont exposés à de nombreux polluants, « ne fût-ce que les produits issus de la chloration qui comportent une centaine de substances qui sont des cancérogènes. Vous avez également du nitrate, vous avez des produits phytosanitaires et j’en passe. Donc vous avez un cortège de polluants qui accompagnent l’eau du robinet. »



S’il reconnaît que malgré ça, « on peut évidemment toujours boire de l’eau du robinet » car en Belgique, « on a une eau du robinet, dans la plupart des cas, de bonne qualité », il recommande plutôt de boire de l’eau minérale « provenant des sources souterraines » qui « est d’une qualité exceptionnelle ».

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Attention cependant là aussi entre bouteilles en plastique et en verre. « C’est mieux en verre, bien qu’on ait des doutes quant à la quantité de microplastiques qui proviennent de la bouteille », fait remarquer le toxicologue, car cette quantité varie selon les études.

Pour lui, l’eau de source en bouteille en verre est le meilleur choix pour la santé : « Il est clair que les eaux souterraines et l’eau qui est mise en bouteille en verre comportent extrêmement peu de microplastiques. »




Les frites ou la viande cuite à plus de 100°C sont« à éviter »

Toujours côté alimentation, Alfred Bernard rappelle dans son livre les critiques souvent formulées contre les frites ou les viandes cuites. Pour lui, les frites sont « à éviter simplement parce que les frites, ce sont des pommes de terre cuites à des températures au-delà de 120 degrés. À partir de 120 degrés, vous avez les réactions de Maillard qui donnent ce bon goût aux frites, mais ces réactions de Maillard engendrent un cocktail de substances toxiques, et notamment l’acrylamide qui est un cancérogène probable pour l’homme ».

« C’est la même chose pour la viande », ajoute-t-il. « Si vous cuisez une viande à une trop haute température, vous avez également la formation de toute une série de substances qui sont cancérogènes. Je peux en citer une, par exemple, les amines aromatiques hétérocycliques. Ce sont des cancérogènes avérés pour l’homme », insiste Alfred Bernard. Car « les risques sont notamment du cancer colorectal. Je rappelle qu’en Asie, où on cuit pratiquement tout à l’eau, le cancer colorectal est extrêmement peu fréquent. »

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Il donne dès lors un conseil « si vous consommez des frites » malgré son avertissement : « Il faut éviter qu’elles soient brunes ou pratiquement brûlées. Donc il faut qu’elles aient une couleur jaune clair. Ça, ce sont des bonnes frites bien cuites », que ce soit à la friteuse ou à l’air fryer. Quant à la viande, Alfred Bernard recommande de ne pas la cuire à plus de 100 degrés.

Des PFAS dans les cartons alimentaires

Enfin, le toxicologue alerte sur les PFAS, ces polluants éternels qu’on a récemment retrouvés en grande quantité chez certains Belges. On en retrouve en effet dans les cartons des boissons dans les fast-foods, mais aussi certains cartons de pizzas. « Il faut faire attention à tous les emballages, que ce soit pour les boissons ou pour les aliments, qui repoussent l’eau et les graisses. Ces emballages peuvent contenir du PFAS. C’est une source significative d’exposition pour ceux qui consomment régulièrement des produits, donc des aliments, de l’eau, emballés avec ce genre de cartons. »

Revoir l’intégralité de l’émission sur RTL Play.



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