Gaëtan Willemsen

Par Gaëtan Willemsen

Publié le 09 septembre à 16h34

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Après la publication des résultats Pisa, où la Belgique francophone continue de baisser malgré une remontée par rapport aux autres pays de l’OCDE, la question de l’exigence scolaire a été mise sur la table par la ministre Glatigny. Pour le responsable de l’enseignement francophone, André Grenier, le rôle des familles est déterminant, tout comme la remédiation et la recherche de sens dans les études, selon le représentant de la Fondation pour l’Enseignement.


Dans l’émission 15 minutes pour comprendre de ce mercredi, deux représentants de notre enseignement ont répondu à la ministre de l’Enseignement Valérie Glatigny. Elle s’exprimait mardi soir dans le 19h concernant les mauvais résultats des élèves belges francophones à la dernière enquête Pisa.

« Je pense qu’on n’a certainement pas suffisamment mis l’accent sur l’exigence envers les élèves. Ce que disent les résultats, c’est qu’il y a des élèves qui ont des problèmes avec la concentration, qu’ils ne sont plus capables de faire des tâches intellectuelles complexes, comme lire un livre. Je pense qu’il y a aussi l’influence des réseaux sociaux et puis la discipline en classe, le climat scolaire. »




Pour un enseignement d’excellence qui aide les moins bons

Est-ce qu’on doit comprendre que notre enseignement est devenu trop gentil avec ces élèves-là ? « Non, il ne faut pas dire qu’on est trop gentil », estime André Grenier, administrateur général de Wallonie-Bruxelles Enseignement, « mais effectivement, je partage l’avis de la ministre sur l’exigence », a-t-il expliqué. « D’ailleurs, on dit souvent dans l’enseignement qu’on ne devrait pas être sur un pacte pour un enseignement d’excellence, mais sur un pacte d’enseignement de l’exigence. Ça ne veut pas dire qu’on laisse les élèves en difficulté au bord du chemin, mais au contraire, qu’on les accompagne. »

Même son de cloche du côté d’Olivier Remels, administrateur délégué de la Fondation pour l’Enseignement. « J’entends parler du niveau d’exigence et je pense que c’est une réalité : il faut évidemment veiller à ce qu’il soit présent », estime-t-il. « Mais je pense aussi qu’il faut accompagner ça et accompagner les élèves les plus fragiles d’une différenciation des apprentissages. Je pense que ça fait partie d’ailleurs de la feuille de route aujourd’hui de l’autorité publique et on peut s’en réjouir », ajoute-t-il.

Le rôle important des familles et de la création de sens au sein de l’école

Du côté des solutions pour y parvenir, il faut « réinstaurer, redonner le goût d’apprendre », pour André Grenier. « Il faut que pour l’élève, mais pour leur famille aussi, l’enseignement et l’école redeviennent une priorité. »



Olivier Remels, lui, compte sur « la différenciation des apprentissages » pour « créer du sens pour les élèves sur ce qui va suivre, et donc les amener dans un parcours qui leur permet de se découvrir eux-mêmes, donc de s’engager aussi plus fortement dans leurs apprentissages et de s’orienter vers des choses qui leur conviennent, vers des filières, des métiers vers lesquels ils peuvent trouver, justement, du sens. C’est vraiment la clé pour la suite », estime-t-il.

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Quant à la responsabilité des smartphones et des écrans, « si j’ai aujourd’hui un conseil à donner aux élèves, mais également à leurs parents », ajoute l’administrateur général de Wallonie-Bruxelles Enseignement, « c’est de veiller à ce que le GSM soit dans une autre pièce, que le jeûne puisse être dans un local où ils se sentent bien, ça peut être la table de la cuisine, mais qu’effectivement son GSM soit le plus éloigné possible. Parce que nous sommes à l’heure des applications et ces applications ne cessent de retirer le jeune de sa concentration, et après, il doit refaire un effort pour se reconcentrer sur la matière qu’il étudie. »

Identifier les lacunes dès la 2e primaire pour diminuer les redoublements

Enfin, en Belgique francophone, 35 % des élèves de 15 ans interrogés ont déjà redoublé au moins une fois. Mais pour André Grenier, l’autre option, qui est le passage automatique, n’est pas meilleure. « Tous les enseignants demandent qu’on arrête de passer automatiquement d’une année à l’autre. Je pense qu’il faut faire confiance aux équipes pédagogiques. »

La solution est, explique-t-il, en cours de mise en place : identifier les lacunes le plus tôt possible pour y remédier à temps : « Nous devons anticiper l’échec, pouvoir le remédier et il faut vraiment rester focus sur effectivement les apprentissages de base, l’écriture, la lecture, le calcul. On est en train, chez Wallonie-Bruxelles Enseignement, de pouvoir même déjà mettre un test diagnostique en fin de deuxième primaire pour diagnostiquer l’échec, pour pouvoir mettre de la remédiation ou du renforcement, pour justement le test clé qui est mis en route cette année en quatrième primaire. »

Pour réécouter l’émission entière en podcast, cliquez ci-dessous, et pour revoir l’émission sur RTL Play, cliquez ici.



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