Angine de poitrine a trouvé un complément idéal à son univers de liberté absolue en confiant à Annie-Claude Deschênes la première partie d’une série de cinq concerts sur la côte est des États-Unis.
« Je pense que ça se complète », estime l’artiste montréalaise. « La musique ne se ressemble pas, mais l’esprit est similaire. C’est très absurde. Ça donne quelque chose d’amusant. »
D’abord révélée au sein du groupe dance-punk Duchess Says, Annie-Claude Deschênes ne porte pas de déguisement sur scène et la musique électronique de son projet solo – portée par le remarquable album Les manières de table paru en 2024 – n’a effectivement rien à voir avec le rock microtonal du duo saguenéen.
Les spectateurs étasuniens peuvent néanmoins s’attendre à être déstabilisés.
« À la base, explique-t-elle, mon spectacle est plus une performance artistique qu’un spectacle musical. Au début, je nettoie les tables dans la foule, je les prépare, je pose des signes disant que c’est réservé, des menus, etc. Ensuite, je fais de la bouffe sur la scène, je vais chercher des clients dans le public et je les fais manger. »
« Ça pissait le sang »
Au cours de sa carrière, Annie-Claude Deschênes s’est forgé une réputation de bête de scène téméraire. Côtes et orteils cassés, commotion cérébrale, elle se donne à fond sans se soucier des conséquences sur son corps.
« Je suis tout le temps à 100 %. Je donne toujours tout ce que j’ai, même si je suis malade. Un coup que je monte sur la scène, c’est parti. Il n’y a pas de demi-mesure. »
Annie-Claude Deschênes
Photo Alice Hirsch fournie par Bonsound
Lors de sa tournée Les manières de table, elle a même trouvé le moyen de s’ouvrir le crâne.
« C’était l’an passé. J’ai des fleurs sur scène. J’ai lancé le bouquet comme les mariés, sans regarder, mais j’avais mon micro dans la main. »
Ledit micro a heurté sa tête de plein fouet.
« C’est tellement niaiseux. Ça pissait le sang. C’est incroyable combien il y en avait. Heureusement, mon costume est un imperméable, alors je ne me suis pas salie. »
As-tu continué le spectacle ? « Ben oui », répond-elle, comme si ça allait de soi.
Automne chargé
Annie-Claude Deschênes, qui revient d’une courte tournée en Europe, passe les prochains mois dans ses valises. En octobre, elle fera un saut à Rennes avant une tournée de dix concerts au Royaume-Uni. En novembre, elle retourne aux États-Unis, cette fois en première partie de Sextile et Gilla Band.
« Les manières de table m’a permis de voyager. Je n’ai jamais fait autant de shows dans un automne », se réjouit celle qui cherche justement à donner suite à cet album.
Au moment de notre entretien, elle songeait à conserver le concept culinaire tout en restant férocement libre. « Je ne veux pas être mise dans une case. J’aime expérimenter. »
Annie-Claude Deschênes en première partie d’Angine de poitrine à New York, Washington et Philadelphie, du 9 au 17 septembre.