Avec l’embrasement régional, le transport maritime via le détroit d’Ormuz, par où transite quelque 20% de la consommation mondiale de pétrole, est compromis, le trafic y étant suspendu de facto.

Après l’attaque de deux navires dimanche au large des Emirats arabes unis et d’Oman, le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, a appelé les compagnies maritimes à « éviter » la région.

Le prix des assurances devient prohibitif dans ce contexte, et les principales compagnies ont confirmé suspendre le passage de leur flotte.

« On n’est pas encore dans un scénario apocalyptique pour les marchés »« Le talon d’Achille de Trump, ce sont les prix pétroliers élevés »

Réagissant au conflit, l’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres du cartel d’exportateurs Opep+ ont augmenté dimanche leurs quotas de production de pétrole de 206.000 barils par jour pour le mois d’avril.

Cependant, « même sans arrêt total de la production, la hausse des primes liées au conflit, les modifications d’itinéraires et la réévaluation des assurances peuvent maintenir les coûts du pétrole brut et du fret à un niveau élevé », observe Charu Chanana, de Saxo Markets.

Certes, des « infrastructures alternatives au Moyen-Orient peuvent être utilisées pour contourner les flux transitant par le détroit, mais l’impact net demeure une perte effective de 8 à 10 millions de barils d’offre de brut », complète Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.

« Le talon d’Achille du (président américain Donald) Trump, ce sont les prix pétroliers élevés », ajoute Michelle Brouhard, analyste chez Kpler.

Selon elle, l’Iran chercherait donc à maintenir hauts les prix du brut pour faire plier Donald Trump qui a promis à son électorat des prix bas, en amont de l’élection américaine de mi-mandat en fin d’année.

C’est au début de la guerre en Ukraine que les prix du brut avaient dépassé pour la dernière fois les 100 dollars, à l’unisson des prix du gaz, contribuant à un cycle prolongé de hausse des prix.

Y a-t-il des placements à taux fixes attrayants ?L’or, valeur-refuge, attire

Le cours de l’or, traditionnel refuge face aux incertitudes géopolitiques, a grimpé de 2% lundi avant de tempérer ses gains.

Vers 02H30 GMT, le prix de l’or progressait de 1,05% à 5.333 dollars l’once, modérant ses gains au fil des échanges.

« Alors que les Etats-Unis déployaient des troupes, avions et des navires de guerre dans la région ces dernières semaines, les métaux précieux s’étaient déjà redressé: l’or et l’argent avaient progressé respectivement de 3,3 % et 10,8 % la semaine dernière », observe Kathleen Brooks, analyste de XTB.

« Les métaux précieux continueront de briller en tant que réserve de valeur. L’or pourrait s’avérer particulièrement attractif, surtout si le conflit engendre de l’inflation suite à une flambée des prix du pétrole », souligne-t-elle.

Le dollar, de son côté, se renforçait également, gagnant 0,19% face à la monnaie japonaise, à 156,35 yens pour un dollar.

L’Europe bat des records, Bruxelles fait exceptionBourses sous pression

Vers 02H30 GMT à la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei cédait 1,55% à 57.947 points, et l’indice élargi Topix 1,62% à 3.874 points.

La Bourse de Sydney abandonnait 0,56%, Taipei 0,52%, l’indice hongkongais Hang Seng lâchait 2,55%, et l’indice composite de Shanghai 0,53%.

Face à « l’aggravation des risques géopolitiques », « il est fort probable que le marché japonais connaisse une période de ventes massives par aversion au risque », commentent les analystes du courtier Monex.

La flambée des prix du pétrole pourrait alimenter de vives tensions inflationnistes et assombrir la conjoncture économique.

« La situation a continué de s’aggraver tout au long de la journée de dimanche. La réaction des marchés boursiers pourrait être influencée par le fait qu’il s’agit d’une crise majeure qui ne se résoudra pas en quelques jours », explique Mme Brooks.