« C’est vieillot »
Il y a quelques jours, le Basilix faisait l’actualité pour une triste raison : un couple a été sauvagement agressé par un livreur dans le parking. L’homme a finalement été arrêté par les agents de sécurité et la police. « Il y a une bande de salopards qui traîne sur le parking », constate Freddy. « Il faut faire quelque chose. »
Mais auprès des clients interrogés, la sécurité n’est pas le premier grief reproché au centre commercial. Le principal problème évoqué : « Il manque d’enseignes », comme le pointe Brandon. « Le Westland est mieux, car il y a des marques qui attirent les jeunes. Ici, ce sont surtout des enseignes pour personnes plus âgées. Ma mère, par exemple, vient d’Anderlecht jusqu’ici », pointe Brandon. « C’est devenu vieillot », abonde Nathalie, de Dilbeek. « Avec le temps, ça s’est fort dégradé. Il y a besoin d’une cure de jouvence. »
En 60 ans, les centres commerciaux ont bien évolué : voici comment« Niveau boutiques, ça décline »
« Berchemoise depuis 47 ans » et récemment installée en périphérie, Alexandra exemplifie : « Niveau boutiques, ça décline. Avant, on avait un magasin de jouets, et c’est fini. Le magasin de chaussures était très grand aussi », pointe-t-elle, en reconnaissant « les efforts » réalisés par le centre. « Quand ils font des événements, par exemple la Saint-Nicolas, ça fonctionne super bien et il y a du monde. »

« Berchemoise depuis 47 ans », Alexandra regrette le magasin de jouets d’autrefois ©Eric Guidicelli
De son côté, Klaudio, habitant de Jette, ne partage pas les constats négatifs. « Les gens disent toujours que c’était mieux avant. Oui, peut-être. Mais je viens volontiers ici. On va au Delhaize, on prend un verre… c’est agréable. »

« Les gens disent toujours que c’était mieux avant. Oui, peut-être. Mais je viens volontiers ici », pointe Klaudio ©Eric GuidicelliPlus de dix cellules vides
À l’intérieur, on dénombre une petite quinzaine de cellules vides. « Le passage a fortement diminué et ça impacte tout le monde. De nouvelles enseignes, on n’attend que ça ! », appelle un commerçant bien implanté, qui ne veut témoigner qu’anonymement. « Avant, il y a 20 ans, c’était une galerie de qualité. Le budget des gens a changé. Ce qu’il reste désormais, ce sont des gens qui viennent pour se promener, pas pour acheter. » Il ne le cache d’ailleurs pas : son activité est clairement en péril.
Contactée par nos confrères de La DH, la direction du Basilix se dit, pour sa part, optimiste. « On a des locataires de renommée et qui nous font confiance : H & M, Kruidvat, Hema, Media Markt… », pointe Christophe Helawi, responsable immobilier commercial chez Ceusters, qui gère le centre. Il évoque également l’arrivée d’un groupe international, « prochainement », sans en dire davantage. « D’autres négociations sont en cours. De plus, le propriétaire croit en son centre et investit pour le maintenir à flot. »

©Eric Guidicelli
Le groupe reconnaît avoir traversé une période difficile, tout comme d’autres centres. Les causes citées : le Covid, des faillites nationales (Casa, Cassis & Paprika), un changement des habitudes et le commerce en ligne. À quoi s’ajoutent une concurrence de plus en plus rude et les embarras routiers, qui ont pu décourager des clients du Rand. « Mais on a toujours beaucoup de clients du Brabant flamand : Asse, Dilbeek, Wemmel, Grimbergen… Beaucoup viennent en voiture. Le parking restera gratuit. »
L’objectif affiché par la direction : réduire de 50 % le taux de cellules vides en deux ans. Selon le responsable, le Basilix a sa carte à jouer comme centre de proximité du nord-ouest de Bruxelles. « Ici, les gens se connaissent, se disent bonjour… Le Basilix a une renommée et n’est certainement pas mort. On a retrouvé notre place. »