Les positions des cinq partis de la coalition Arizona semblent figées. Entre autres, le MR, qui perd des plumes sondage après sondage, pourrait se rebiffer face à toute hausse de la TVA. Une posture identique avait rendu impossible la confection du budget 2026.
Durant la formation du gouvernement, Bart De Wever avait réussi à créer une ambiance (relativement) conviviale, multipliant les petites attentions pour les négociateurs. Le chef du gouvernement devra, à nouveau, user de son tact afin de rapprocher les points de vue de ses partenaires. Il devra également fixer le lieu du futur conclave budgétaire.
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À cet égard, le nationaliste flamand se montre mystérieux. Ses vice-Premiers ministres ignorent encore quelle arène accueillera leurs discussions diurnes et, probablement, nocturnes. Le Premier ministre leur a simplement demandé de libérer leurs agendas à partir du 21 septembre jusqu’au mardi 13 octobre.
Durant ces trois semaines, l’Arizona passera en mode « conclave » si Bart De Wever sent qu’un compromis est possible. Cela reste donc hypothétique. Pour l’instant, les cinq partis de l’Arizona font part de leurs demandes et de leurs tabous auprès du Premier ministre dans le cadre discret de « bilatérales » (Bart De Wever voit, tour à tour, les représentants des différents partis). Sur la base de ces discussions, il proposera alors à ses collègues une première note globale, une « pièce à casser » reprenant une série de mesures d’économies et de recettes. Le conclave pourra alors commencer, en principe à l’abri des médias.
Où se rendre pour garantir cette discrétion tout en assurant un minimum de confort pour les équipes fédérales ? Plusieurs pistes sont envisagées par le « 16 ».
Val Duchesse, le poids de l’histoire
Premier scénario : Val Duchesse. Historien de formation, Bart De Wever devrait être sensible au prestige des lieux. Le château a en effet marqué les origines de l’Union européenne. Mis à la disposition par la Donation royale en 1956 et 1957, il abrita les discussions, placées sous la présidence de Paul-Henri Spaak, qui permirent la rédaction des futurs traités de Rome.
Mais les murs de Val Duchesse ont également entouré de nombreuses négociations délicates qui ont marqué la politique belge. Jean-Luc Dehaene, l’ancien Premier ministre chrétien-démocrate flamand, y a souvent réuni ses ministres dans les années 1990. Or, Bart De Wever, ferraillant tout comme lui à l’époque avec des données budgétaires à la dérive, aime se présenter comme son successeur. Choisir Val Duchesse serait un clin d’œil très symbolique.
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Si les poids lourds de l’Arizona devaient dormir sur place durant le conclave, il faudra toutefois vérifier que le confort élémentaire est assuré. Fin janvier 2025, dans les dernières heures de la formation du gouvernement fédéral, Bart De Wever avait dû renoncer à finaliser les discussions à Val Duchesse car le chauffage n’y fonctionnait pas…

Le château de Val Duchesse, à ne pas confondre avec son prieuré.L’École royale militaire : un lieu qui a fait ses preuves
Autre scénario : l’École royale militaire (ERM). À la lisière du parc du Cinquantenaire, ce vaste bâtiment est bien connu des « arizoniens » puisque c’est derrière ses grilles que l’accord de majorité a été arraché par Bart De Wever, le vendredi soir 31 janvier. Pour y arriver, il lui aura fallu trois jours de palabres épuisantes. L’un des protagonistes les qualifiera d’ailleurs de « tunnel de la mort »… Plusieurs petits drames s’y sont joués, la formation gouvernementale a failli échouer. Mais les nombreuses pièces de l’ERM ont permis des conciliabules qui ont sauvé les négociations.
Devant trouver 10 milliards, Bart De Wever pourrait utiliser à nouveau cette disposition des lieux pour rapprocher, pas à pas, les points de vue des cinq partis de sa coalition. Le Premier ministre serait également sensible au confort spartiate de l’ERM, propice à stimuler les idées d’austérité budgétaire.
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L’Ecole Royale Militaire (ERM), à Bruxelles. Les journalistes seront tenus à distance…Le Lambermont, plus cosy mais moins discret
La résidence officielle du Premier ministre figure également dans les options. La position du Lambermont est centrale puisque le bâtiment fait face au parc Royal et se situe à quelques dizaines de mètres des institutions principales qui composent l’État belge : le Palais, le parlement, les bureaux de Bart De Wever au 16, rue de la Loi…. Moins grand que Val Duchesse ou que l’École royale militaire, le Lambermont est toutefois plus cosy. Et moins discret : les journalistes pourront camper devant la porte qui donne directement dans la rue.

Le Lambermont, la résidence officielle du Premier ministre. Une option pour les négociations qui s’annoncent.Le « 16 », tout simplement ?
Dernier scénario, sans doute le plus évident : le « 16 ». C’est dans ce bâtiment que se tiennent les réunions du conseil des ministres et les kerns (comités ministériels restreints) qui rassemblent le chef du gouvernement et les vice-Premiers ministres afin de trancher les dossiers délicats. Chacun y a ses habitudes et, Bart De Wever, un accès direct à ses conseillers et à son propre bureau. Dans les couloirs, déambule en outre son chat Maximus, dont la présence placide l’apaise quelque peu.

Le premier ministre Bart De Wever en compagnie de son chat Maximus au 16 ©Bernard DemoulinPas en Wallonie, ni en Flandre
Quelle que soit l’option retenue, le Premier ministre et ses proches collaborateurs n’envisagent pas, pour l’instant, une délocalisation du potentiel conclave en Flandre ou en Wallonie. Bart De Wever avait pourtant quelques bonnes adresses. Comme le château d’Alden Biesen, dans le Limbourg. Dans cette commanderie fondée par l’Ordre teutonique allemand, le Premier ministre avait reçu en début d’année ses homologues européens pour un sommet informel.

Emmanuel Macron, le président français, et Friedrich Merz, le chancellier allemand, lors du sommet informel organisé par Bart De Wever à Alden Biesen .