
Par Pierre Fagniez
Publié le 18 septembre à 06h00
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Les prix de l’essence et du diesel commencent à impacter sérieusement le pouvoir d’achat de la population et notamment des habitants qui ont choisi de vivre à la campagne, loin des grands centres urbains. Pour certains, impossible de se passer d’un véhicule et des dépenses qui l’accompagnent. Comment font-ils pour continuer à se déplacer malgré tout ? À quoi doivent-ils renoncer ? C’est ce qu’ont voulu savoir Florent Vanden Bergh et Gaëtan Delhez.
C’est l’un des villages les plus isolés du royaume. Felenne et ses 300 habitants, pour qui la voiture est un indispensable. Depuis le centre du village, comptez huit kilomètres pour atteindre le supermarché le plus proche, treize pour une gare ferroviaire et 42 pour un hôpital.
Ici, le prix de la tranquillité n’a cessé d’augmenter depuis le mois de mars. Grégory dépense près de 600 euros par mois pour le carburant. Alors il faut faire des choix, notamment se priver de certaines sorties familiales.
« Je ne sais même plus profiter avec mes enfants parce que le week-end, ça devient cher, confie Grégory. Pour me déplacer, je voudrais aller à Chevetogne, je ne pourrais pas parce que je travaille toute la semaine aussi. Ça devient très dur. »
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Dans la rue voisine, Fabien, 67 ans, débourse 70 euros pour se déplacer chaque semaine. Avec une pension limitée, il explique devoir faire des compromis.
« On essaie de limiter les courses parce que ça se répercute sur le pouvoir d’achat, témoigne Fabien. On essaie de faire un équilibre entre manger vraiment convenablement, de bonne qualité, et rouler. »
Un exode rural redouté
Une réalité prise très au sérieux par les autorités, qui craignent à long terme de voir les familles quitter la campagne pour s’installer en ville.
« Au niveau de la population, certaines personnes, quand on vend des bâtiments, réfléchissent aussi aux déplacements qu’ils auront à faire par la suite, explique Marc Lejeune, bourgmestre de Beauraing (Les Engagés). On a essayé d’en faire un petit paradis, mais on a le revers de la médaille avec les prix qui explosent à la pompe. »
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Ultime solution pour Pascal : opter pour une voiture partagée pour limiter les frais.
« Voiture partagée avec ma fille. Tous les frais sont partagés : essence, entretien, pneus. Tout est partagé en deux, sinon c’est inabordable », raconte-t-il.
À Felenne, les habitants espèrent ne pas devoir renoncer un jour à leur liberté et à ce village qui leur est cher, pour des raisons économiques.

