Pour la conservatrice des musées de Chalon, le retour du Point de vue du Gras en avril prochain est une excellente nouvelle. Pourtant, la négociation menée par le ministère de la Culture a été rude avec l’université américaine. « Les Américains ont commencé par dire non. Les négociations ont été longues depuis décembre 2024. Nous avons eu le soutien du ministère de la Culture et des institutions nationales pour dire que si la plaque revenait en France, elle reviendrait à Chalon. Pour les Américains, cela n’allait pas de soi, pour eux, le prêt allait forcément à Paris. Il a fallu également que la France s’engage à ne pas saisir cette œuvre et qu’elle reviendra bien aux USA après l’exposition », précise Brigitte Maurice-Chabard. Le retour de la plaque va s’accompagner de dispositifs exceptionnels pour la présentation de l’œuvre qui ne va quitter son sarcophage de verre qui la maintient dans une ambiance contrôlée, elle-même placée dans une vitrine climatisée. « Les visiteurs pourront voir seulement cette exposition ou l’intégralité du musée », précise la conservatrice qui travaille à une extension de l’ouverture du musée et à un tarif d’entrée payant pour voir la plaque, sans compter les mesures supplémentaires de sécurité.

« On va accueillir les reliques de Niépce »

Il va falloir faire face à un afflux de visiteurs, peut-être équivalent aux 30 000 curieux qui annuellement poussent la porte de l’institution mais le feront en huit semaines seulement, durée de la présence de la plaque de Niépce à Chalon. « On va accueillir les reliques de Niépce », confie dans un sourire Brigitte Maurice-Chabard ; le mot relique pour l’ancienne conservatrice du musée Rolin d’Autun n’a rien de péjoratif, bien au contraire.

Dès les Journées du patrimoine, un dialogue entre artistes et habitants et une collecte

Les célébrations du bicentenaire de la photo vont commencer à Chalon dès ce week-end des Journées du patrimoine par le projet Dorica Castra. Un dialogue entre artistes et habitants dans des lieux qui ne sont pas dévolus à la culture dont la maison de quartier des Aubépins. Une collecte d’images par la Conserverie de Metz et relayée par le musée débutera également. Il s’agit d’images qui représentent des photos de famille comprenant une image dans la photo. On pourra aussi se familiariser avec l’invention de Niépce grâce à des visites de 20 minutes entre 14 et 18 heures. Les Amis du musée Niépce proposeront des tirages photo. Et puis on pourra aussi profiter des expositions temporaires.

Adopter une image

En octobre, on retrouvera un dispositif éprouvé il y a plus de 15 ans avec Dazibao et l’on pourra de nouveau adopter une image choisie parmi 200 tirages issus des collections. 100 images seront à adopter à Chalon à partir du 3 octobre et 100 autres à Clermont-Ferrand, puis Fontenay-sous-Bois et Tournus, Saint-Rémy ou Guingamp avec l’idée que les adoptants communiquent entre eux. La Paulée de la Côte chalonnaise du 15 au 18 octobre sera aussi l’occasion de découvrir le travail de la photographe chalonnaise Laure Vilain. Ses images seront déployées sur les quais et dans le cloître de la cathédrale. Un travail à la fois patrimonial, qui s’inspire de l’histoire de la photographie et des expérimentations des vignerons durant l’élaboration de leur vin. Durant la Paulée, on pourra profiter d’un spectacle dans le cloître sur le thème du vin et de la photo et expérimenter le principe de la chambre photo dans des tonneaux et disséminés dans la ville.

Chalon et le reste de la France vont donc vivre au rythme de la photo la fin de l’année 2026 et toute l’année 2027.